Statistique de
Sur le rôle de l'État vis-à-vis des beaux-arts pendant le xve siècle, voir l'intéressante étude de M. H. Janitschek, Die Gesellscliaft der Renaissance in Italien und die Kunst, p. 7 3 et suiv.
LA RÉPUBLIQUE FLORENTINE ET LES ARTS i3i
état de déployer autant de magnificence. En 1460, nouvelles réjouissances en l'honneur du même pape qui revenait du congrès de Mantoue. L'année 1468 marque la date du fameux tournoi dans lequel Laurent de Médicis remporta le prix et qui fut célébré à l'envi en prose et en vers. L'année suivante, autre tournoi, dont le vainqueur fut le frère de Laurent, Julien. En 147 1 , les fêtes données en l'honneur du duc de Milan, Galéaz, dépassèrent en magnificence tout ce que Ton avait vu jusqu'alors. 11 faut lire dans Corio la description du cortège, l'énumération des ornements d'or et d'argent, des étoffes précieuses. Le chroniqueur ne nous dit pas combien cette visite princière coûta aux Florentins ; mais nous savons que le duc dépensa 200,000 ducats d'or. Il amenait avec lui, pour ne citer qu'un exemple, 2,000 chevaux, 200 mules, toutes richement caparaçonnées, 5oo couples de chiens, des faucons, des éperviers en quantité prodigieuse.
C'étaient là des spectacles éblouissants, mais éphémères. La constante préoccupation qu'avait la Seigneurie de célébrer la mémoire des grands citoyens ou d'orner avec le plus de magnificence possible le palais, siège du gouvernement, devait exercer sur le développement des arts une influence bien autrement considérable. Sans parler ici des nombreux monuments religieux élevés ou décorés soit aux frais des corporations, soit à ceux de l'Etat, nous voyons à chaque instant les chefs de la République prendre de grandes et patriotiques résolutions, dont l'art était appelé à bénéficier. Tantôt ils font peindre dans le Dôme les statues équestres de deux de leurs plus vaillants capitaines, l'Anglais Jean Hauckwood et Nicolas de Tolentino ; tantôt ils éternisent par un portrait placé au même endroit le souvenir de leur plus grand poète, Dante Ils rendent un hommage analogue à deux de leurs chanceliers, qui étaient en même temps des littérateurs célèbres : Léonard d'Arezzo et Charles Marsuppini. Notons aussi le décret qui permet aux fils du Pogge de faire peindre le portrait de leur père dans une des salles du palais de la Seigneurie2 : l'antiquité n'a pas imaginé de récompense à la fois plus simple et plus noble3.