Ammirato, Istorie florentine, liv. XXIV, sub anno
4. « Il cardinale... se n'andô a casa suo padre, e più vi fece loro un hello convito, el quale essendo quasi finito, la Signoria mandô un présente di libbre mille incirca d'arienti lavorati. Stimossi fussi di valuta di quindici miglaia di fiorini. » (Philippi Redditi exhortatio ad Petruin Medicem in magnanimi sui parentis Laurentii imitationem ; Florence, 1822, p. xxxvii.) Cf. les Ricordi storici di Filippo di Cino Rinuccini, éd. Aiazzi, p. cxlv.
ils occupent une place d'honneur non seulement clans l'histoire de la Renaissance florentine, mais encore dans l'histoire du développement de l'esprit humain.
Le culte des arts semble remonter assez loin dans leur famille. Peutêtre, cependant, en regardant de près, découvrirait-on que la piété ou la gloriole avait plus de part que l'amour du beau aux splendides fondations par lesquelles les premiers Médicis cherchèrent à perpétuer leur souvenir dans les églises de leur ville natale1. Chez celui de leurs descendants, au contraire, qui, dans la première moitié du xve siècle, devait porter si haut la gloire de leur nom, chez Cosme (i 389-1464), le Père de la Patrie, le goût le plus pur, le plus délicat s'alliait à une libéralité sans bornes.
Certes, l'histoire est en droit de demander au « Père de la Patrie » des comptes sévères. Sans avoir peut-être ambitionné pour lui-même le pouvoir absolu (il l'exerça de fait pendant près de trente ans), il a préparé l'asservissement de sa patrie. Les moyens qu'il employait n'avaient à la vérité rien de violent, du moins à l'ordinaire. A cet égard la comparaison avec la sanguinaire famille d'Esté, les Malatesta, les Visconti, est tout à son avantage. Son autorité, pour nous servir de l'expression de Commines, était « doulce et amyable, et telle qu'elle était nécessaire à une ville de liberté 2 » ; mais à l'occasion il ne se montrait pas moins dur, moins inflexible dans ses vengeances, ni plus scrupuleux sur le choix des moyens. Financier avant tout, il s'attachait les uns par ses largesses, et réduisait les autres à l'impuissance en les faisant frapper d'amendes énormes. C'est par ce moyen, nous l'avons vu, qu'il se défit de Giannozzo Manetti. Le vieux Palla Strozzi éprouva aussi toute l'inflexibilité du caractère de Cosme. Après trente années d'exil il ne put même pas obtenir la faveur de mourir dans sa ville natale.
Mais d'autres, à Florence même, ont eu des visées analogues à celles de Cosme. Comme lui, ils ont cherché à assurer la suprématie de leur famille, sans racheter leur ambition soit par un talent supérieur, soit par
1. Vasari cite plusieurs portraits qui nous montrent Giovanni di Bicci de Médicis en relations avec Masaccio (t. III, p. 160) et avec Zanobi Strozzi, élève de Fra Angelico (t. IV, p. 3q, et t. VI, p. 188).
•2. Mémoires, éd. de la Société de l'Histoire de France, t. II, p. 338.