ANCIENNE
PALAIS MÉDICIS (RICCARDi).
çois Sforza; on y remarquait Y Histoire de Trajan, les portraits de la famille ducale, ceux de personnages illustres, entre autres de huit empereurs, le tout alternant avec les armoiries du patricien florentin, le faucon et le diamant. Michelozzo, qui dirigea la décoration du palais, y ajouta de sa main le portrait de son ami et bienfaiteur1. Cosme laissa des traces de sa libéralité jusque dans notre pays : par ses soins, le collège que les Florentins possédaient à Paris fut convenablement restauré. Enfin, pour porter sa renommée jusqu'aux limites du monde connu, il fonda à Jérusalem un hospice destiné aux pèlerins pauvres 2.
Valori n'a pas exagéré en affirmant que Cosme dépensa un demimillion de florins rien qu'en constructions 3. C'était, aux yeux du Père de la Patrie, de l'argent bien placé. Il regrettait seulement, au témoignage de son contemporain Vespasiano, de n'avoir pas fait davantage. « Je connais l'humeur de mes concitoyens, disait-il; dans cinquante ans il ne restera d'autre souvenir de moi et des miens que ces quelques constructions que j'ai fait élever4. »
Quoique Cosme eût recommandé à Michelozzo de lui construire une habitation plutôt commode que somptueuse, les contemporains sont unanimes à proclamer la magnificence de son palais de la Via Larga. Pie II l'appelle une demeure digne d'un roi '. Albert Advogadro, Timothée Maflfei, Jean Marie Filelfo le célèbrent, en prose et en vers, comme une des merveilles du monde. Le luxe intérieur répondait à la beauté du monument. La cour était dès lors un véritable musée : les Riccardi n'ont fait, au xviie siècle, que continuer la tradition des Médicis en l'ornant de morceaux antiques. On y admirait surtout les huit médaillons de marbre, sculptés par Donatello ; ils alternaient avec des festons en a graffito », retrouvés, ces jours-ci seulement, sous le badigeon6.
1. Vespasiano, Vite di uomini illustri del secolo XV, p. 253.