‹ Les précurseurs de la RenaissanceChapitre 85 sur 132 · Gaye, Carteggio, t. I, p · texte numérisé non relu

Gaye, Carteggio, t. I, p

tecte Lucas Fancelli d'entrer pour quelque temps au service du duc de Calabre. Antérieurement, en 1488, le Magnifique avait envoyé au roi Ferdinand de Naples un superbe projet de palais exécuté par Giuliano da San Gallo1, de même qu'il mit en relations ce maître avec Ludovic le More2.

Mais voici un témoignage de confiance, plus flatteur encore, donné à Laurent par un de ses concitoyens. Dans son testament, daté de 1491 , Philippe Strozzi le prie, dans le cas où ses héritiers n'auront pas terminé dans un délai de cinq ans le palais auquel il a mis la première main, de se charger de la surveillance de l'entreprise, et de faire en sorte que l'édifice soit terminé le plus tôt possible. Cinquante ouvriers devront y travailler sans relâche, et les sommes nécessaires être prélevées sur les fonds liquides de la succession. La clause finale mérite d'être rapportée : en récompense de ses peines, Laurent (ou ceux qui lui seront substitués) aura le droit de venir dîner de temps en temps au palais Strozzi aux frais des héritiers. En homme prévoyant, en bon père de famille, Philippe met cependant une restriction à cette libéralité : la dépense faite pour chacun de ces repas ne devra pas excéder cinquante livres3.

Si Philippe Strozzi eut l'idée de confier la haute surveillance de ce palais, qui lui coûta 100,000 florins et qui rendit son nom immortel, à son ami Laurent de Médicis, c'est que celui-ci avait été l'instigateur de la construction, c'est qu'il avait longuement examiné et discuté avec lui le plan définitif.

Laurent, fidèle en cela aux traditions de sa famille, était un partisan déclaré de l'architecture classique. Alors même que nous n'aurions pas sur ce point le témoignage de son biographe Valori, l'étude des monuments élevés par ses ordres nous ferait connaître ses préférences 4.

1. Gaye, Carteggio, t. I, p. 3oi, note. Ce plan fait partie du recueil conservé à la Barbe-

rine.

2. Vasari, Vie de G. da San Gallo. — Pendant le siège de Crémone, Sigismond Malatesta réclama de Laurent un service analogue : il le pria de lui envoyer Piero délia Francesca. (Voy. l'article de M. Yriarte dans la Galette des beaux-arts, 1879, t. I, p. 454, 455.)

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