Vasari, t. VII, p
ment à dédaigner. De Pistoie, par exemple, il tira une statue de marbre ornée d'une inscription étrusque 1 ; de Sienne, un buste dont il proclame lui-même la beauté2, et l'urne cinéraire de Porsenna (!). L'antique cité de Luni fut aussi mise à contribution : en 1473, Antonio Yvano, dans une lettre adressée à Donato Acciaiuoli, mentionne une statuette d'Hercule, en bronze, et une intaille trouvées dans cette localité; il ajoute que si Ton découvre d'autres « anticailles » on les fera parvenir à Laurent3.
Parmi les collections qui s'engouffrèrent dans l'inestimable cabinet, le Scrittojo, de Laurent, il faut signaler encore celle du cardinal François de Gonzague (né en 1444, nommé cardinal en 146 1, mort le 20 octobre 1483). Pour qui avait recueilli l'héritage d'un pape, c'était là un jeu d'enfant. Le cardinal, qui appartenait à une famille amie des arts, incité par l'exemple de son protecteur Paul II, avait réuni du vivant de celui-ci une série fort intéressante de camées et d'intailles, qui allèrent grossir le musée des Médicis.
Grâce à des témoignages contemporains, dont la plupart sont restés inconnus aux biographes de Laurent, il nous est possible de retracer, du moins dans ses lignes principales, la composition de ce vaste musée, alors sans rival en Europe. Parmi les documents dont nous disposons vient en première ligne l'inventaire rédigé à la mort de Laurent, inventaire inédit, à l'exception de quelques fragments que nous avons récemment publiés4. On y trouve une description détaillée des gemmes, des joyaux, des
1. Pelli, Saggio istorico délia Real Galleria di Firenqe. Florence, 1779, t. II, p. 8.