H ON N OR AT
seur d'élever à son tour un nouveau monument en l'honneur de la langue d'oc. Le Dictionnaire d'Honnorat était d'ailleurs devenu introuvable, et le Trésor du Félibrige, ou Dictionnaire Provençal-Français, embrassant les divers dialectes de la langue d*oc moderne, s'imposait comme une nécessité inéluctable au patriotisme de Frédéric Mistral.
Honnorat et Mistral avaient eu l'un et l'autre un. précurseur inédit en la personne d'un religieux qui naquit à Aix en 1674 et y mourut en 1747. Pierre Puget, nom inconnu, pareil au plus grand nom de la sculpture française, avait laissé dans son couvent des Minimes, où il resta jusqu'à la Révolution, un manuscrit in-folio d'un millier de pages, qui n'était autre qu'un (( dictionnaire provençal et français, contenant la signification des mots, avec l'origine et l'étymologie du langage provençal ». M. Éméric David, de l'Institut, en a fait don à la bibliothèque Méjanes, d'Aix en Provence, où il est actuellement ^
Des œuvres de si longue haleine prennent toujours quelque chose de la substance, de la chair et de la vie de leurs auteurs. Honnorat ne pouvait échapper à cette loi. Aussi, lors de la publication du deuxième et du troisième volume en 1847 G^ premier est de 1846), notre docteur, fatigué outre mesure par le travail des corrections, fut frappé par une attaque d'apoplexie, qui
I. F. Vidal, les Manuscrits provençaux de la Méjanes. Aix en Provence, Makaire, i885.
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HONNORAT.
faillit l'enlever à la science, à sa famille et à ses amis. Le corps seul resta en partie atteint : l'intelligence surve'cut entière à ce premier naufrage et permit de concevoir l'espérance d'une prochaine publication de la Grajnjnaire provençale. Ce n'était malheureusement qu'une illusion, et ce travailleur intrépide, succombant trois ans après à la peine, ne put pas remplir en entier son programme. Du moins le principal, le plus important de sa tâche était accompli. A combien d'autres, parmi les pionniers de la science, n'est-il pas permis d'en faire autant ?