‹ Les précurseurs des félibres, 1800-1855Chapitre 9 sur 42 · F.-R. MARTIN · texte numérisé non relu

F.-R. MARTIN

En même temps que Fabre d'Olivet et dans le même pays, un autre poète se rencontrait, dont l'inspiration toute différente, beaucoup plus dégagée des souvenirs de l'antiquité et du moyen âge, presque exclusivement locale, mérite quelque attention.

François-Raymond Martin publiait à Montpellier en l'an xni (i8o5) un recueil de Fables, Contes et autres poésies patoises, divisé en trois parties. La première renferme dix-sept fables imitées des Fabulas litera-

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rias, — titre très justifie, au dire d'un bon juge % — de l'Espagnol Thomas de Yriarte. Cet auteur fournit aussi à Florian le thème de huit de ses fables, entre autres, de l'une des plus connues : le Sijig-e et la Lanterne magique. Trois fables imitées de La Fontaine : le Coq et le Renard^ la Fourmi et la Colojnbe, le Renard et le Corbeau, une autre imitée de Nogaret: les deux Rats, et une dernière d'après J.-B. Rousseau complètent cette première partie. Pour donner une idée approximative des interprétations de Martin, nous citerons la fable la plus connue, le Renard et le Corbeau, en supprimant toutefois une sorte d'épître plus longue que la fable, et qui lui sert de préambule :

« Adissias, mons de Courpatas;

Per môïa, se noun vostra alûra

M'a tout d'un cop embalâouzit ;

Chout ûna tant bêla tournûra

Déou niza ségu fôça esprit.

Oh! se, din la Cour Plumajîna,

Un Rèynar èra réçajut,

Tout-nâou diriey a TAousselina

Que per èstre rèy ses nascut;

Sousténdrièy aou prémiè véiigut, Que PEgla may que vous pot pas paga de mina. »

Moussu de Courpatas, prénén

Ayço bon joc et bon argén,

Vôou né réspondre âou coumplimén, Ouvris lou bec, et soun floc de froumage

I. M. Anatole de Montaiglon, dans sa préface des Fables de Florian, Paris, Rouquette, 1882.

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