‹ Les Précurseurs Français de Schleiden et de SchwannChapitre 10 sur 15 · LB · texte numérisé non relu

LB

capillaires des avancées et des reculs — ce qui est exact.

PLacenra. — Raspail étudie avec Breschet les flocons du chorion de l’œuf humain (27 nov. 1827). Il rappelle deux figures anciennes de villosités choriales qui avaient été publiées par Lobstein 1802 (Æssais de nutrition du fœtus, in-4°, pl. 11, fig. #) et ,Carus 1827 (J.-F. . Geburtshifte).

Lobstein admettait avec raison que les vaisseaux contribuent à la formation du placenta. Pour Carus ce ne.sont pas des flocons puisque les extrémités des « flocons » produisent une forme bulbeuses, libre, semblable à des villosités et jamais les vaisseaux sanguins ne se terminent librement, Raspail adopte cette opinioninexacte que Carus n’a pas démontré. Il annonce qu'il étudiera l’histologie du placenta mais malheureusement ne tient pas sa promesse. |

Il étudie un œuf de six semaines conservé dans l'alcool : sa figure 6 (grossissement à cent diamètres) est excellente. Il dessine dans la figure 8 le résultat : obtenu après macération; la partie externe, épithéliale, s’est détachée et Raspail met en évidence dans le tissu conjonctif sous-jacent, « une ombre longue qui semble indiquer ou une cavité ou un emboitement encore plus interne ». |

Après dessiccation, il note «des anastomoses qui simu- : lent des vaisseaux » et malheureusement ne voit pas qu’il à vraiment affaire à des vaisseaux.

Ileut néanmoins le mérite de constater «que la

membrane dont l'œuf est enveloppé pendant la gesta-

SE tion et que les anatomistes, la considérant comme une exsudation de l'utérus, avaient appelé « membrane caduque utérine », n’est autre chose que la membrane muqueuse de l'utérus décortiquée.L’examen microscopique lui révèle les traces vasculaires d’une ancienne adhérence aux parois de l'utérus. D'autre part, l'analyse attentive de cette membrane lui fait retrouver les vestiges des trois ouvertures de l'utérus. Ainsi c’est à Raspail que revient encore le mérite d’avoir démontré la nature de la caduque utérine. | Il nous est donc, dès maintenant, permis de conclure que Raspail eut une notion exacte d’un certain nombre de faits intéressantla myéline, la nature dela graisse, l’évolution épidermique.

Il a vu, d’autre part, des faitsexacts mais qu’il a mal interprétés,. comme pour les vaisseaux du placenta. Enfin, en voulant généraliser les données histologi- .ques qu'il possédait, il a été amené à comparer la structure de l’amidon à celle de l’os, du muscle de la graisse, croyant à leur similitude, les ramenant à une conception unique. Cette dernière peut se résumer ainsi : élaboration au sein d’une cellule primitive de cellules secondaires et formation de zones concéntriques à l’intérieur d’une membrane cellulaire. Elle n’en marque pas moins un immense progrès et le seul tort qu'on puisse imputer à Raspail est d’avoir généralisé trop hâtivement une conception tout à fait juste.

Nous parleront peu de Raspail fondateur de la pathologie cellulaire. Les lignes qui suivent laissent entre-

‘voir les déductions qu’il devait tirer de ses études sur

l'élément cellulaire, devançant ainsi Virchow de plusieurs années.

« Ainsi, chaque vésicule d’un végétal et même d'un animal peut être regardée comme le rudiment de l'être lui-même : effet d’une fécondation, elle se développera sous l’influence d’une fécondation; mais son développement sera modifié par les modifications de la fécondation elle-même ou par les accidents qu'il rencontrera dans sa marche. De là ces divers modes de développement sur le même individu ; de là ces développements insolites que nous nommons des monstruosités (1). » Donnez-moi, dit-il unecellule malade, c’est-à-dire troublée dans ses fonctions,je vous la déclare désorganisée, c’est-à-dire frappé de mort (2).

Sur cet autre terrain d'étude Raspail fut encore un précurseur et, chose encore étonnante, un précurseur

ignoré.

Page 1