BATAILLE DE LA IIOUGUB 'M
Au début de 1692. quand la France et les alliés amassaient, en vue d'une campagne qu'ils souhaitaient définitive, des troupes dont le chiffre dépassait ce qui s'était vu jusqu'à ce jour, l'un des projets anglais concernait une descente à tenter sur les côtes de la Saintonge et du Poitou. Dans l'armée transportée, quatre régiments seraient formés de réfugiés '. Nous ne savons jusqu'à quel point le Languedoc était informé des détails de cette entreprise, mais nous n'ignorons pas l'émotion que produisit sur Brousson la nouvelle du désastre naval de la Hougue (31 mai), où les 99 vaisseaux de la flotte ennemie échouèrent, prirent, ou brûlèrent lo des navires de Tourville, sur les 44 qu'il commandait. Partageant le frémissement de toute l'Europe, le prédicant ne manqua pas de trouver dans la Bible la parole dont cette défaite était l'accomplissement.
« Le prophète Esaïe, dans sa révélation, au chapitre XLIII, verset 14, avait prédit que le cri des Chaldéens serait dans les navires. . . Cette prophétie, dans son sens mystique et mystérieux se rapportait aux Chaldéens mystiques, qui sont les enfants de la nouvelle Babylone... Dans le siècle passé, les Espagnols. . . étaient les principaux instruments dont la nouvelle Babylone se servait pour aflliger le peuple de Dieu ; mais lorsque... pour achever de le détruire... ils eurent équipé une armée navale formidable. Dieu fit périr cette grande Hotte qu'ils appelaient l'Invincible. Alors le cri des Chaldéens fut dans les navires ».
« Dans ce siècle, continue Brousson, en s'adressant au roi luimême, votre royaume est devenu d'une façon particulière la nouvelle Chaldée. . . C'est pourquoi, lorsque V. M. a formé des desseins pareils à ceux de Philippe IL roi d'Espagne, et que pour cet effet elle a équipé une puissante armée navale. Dieu a aussi dissipé cette belle flotte ; alors te cri des Chaldéens a été de nouveau dans les navires, les Chaldéens ont de nouveau été engloutis par la mer teinte de leur sang » :.
La prise de Namur par les Français (5 juin) n'avait pas eu le temps de décourager les espérances des protestants, quand parvint à Nîmes, dès les premiers jours d'août, une nouvelle triomphale, sous l'allégresse de laquelle disparut l'annonce d'un revers nouveau de Guillaume à Steinkerque (3 août). Le duc de Savoie, enfin, était entré dans le Dauphiné. 50,000 hommes avaient été