‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 2)Chapitre 9 sur 334 · I.C. 172. Ass. de la Cam · texte numérisé non relu

I.C. 172. Ass. de la Cam

i. Les jugements manquent. Nous ne savons si quelques-uns des prisonniers furent conduits à Montpellier.

3. La jeune Puech. et son amie Jacquette Martin, venue de Rieumal, trouvèrent rassemblée dans le valat, « un peu plus haut que vis-à-vis le mas de la Boucarasse ».

4. L. Nègre suppose que Brousson était caché chez sa mère. Il est probable qu'il dut changer plusieurs fois d'asile. Fabre de Montredon déclara le 3 octobre

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contenait l'explication mystique de la Vision d'Elie. Bientôt il entreprit un ouvrage plus considérable. Ayant constaté dans un Nouveau Testament traduit en français par Denis Amelote, sur l'ordre du clergé de France, et qu'on répandait parmi les Nouveaux Convertis, « des obscurités et des falsifications », il se fit prêter une Yulgate, un Nouveau Testament grec, et quelques autres livres, et transcrivit patiemment des « Remarques », qu'il ne devait d'ailleurs rédiger que plus tard1. A côté des écrits qu'il destinait à la Cour ou au Clergé, il réservait le meilleur de son temps à composer ou à recopier des appels à Dieu, des exhortations à ses frères fidèles, ou aux cœurs impénitents. Au milieu de mai il « présenta à Dieu une Requête . . . ou prière générale des fidèles persécutés et massacrés en France pour le service de Dieu », élan poignant et magnifique d'angoisse, d'humilité et de foi, où après avoir clamé la misère de ses frères et supplié Dieu « d'abréger ces jours d'affliction pour l'amour de ses élus, de peur qu'une trop longue souffrance n'achève de les faire périr», il terminait par une intercession en faveur de ses ennemis : « Humilie-les, Seigneur, mais n'achève pas de les détruire ! »". Il écrivit aussi deux Lettres de Consolation à de fidèles femmes enfermées dans un couvent pour la cause de l'Evangile, destinées peut-être à des personnes particulières, mais rédigées en termes généraux3, une Epltre à tous les réformés de France qui persévèrent encore dans leur récolte, dirigée contre l'assistance à la messe, les baptêmes et les mariages catholiques ', de longues prières5. Il s'attacha particulièrement à reproduire sans relâche les sermons qu'il avait prononcés au désert, et en expédia des exemplaires de toutes parts.

que les prédicanls logeaient dans la ville « chez Gaubert, pénetier, en patois : penchié, [faiseur de peignes à laines] près du marché, et chez Pierre Baile, aussi pénetier ».

4. Douen, II, 206.Jurieu (Let.Past., II, p. 430, 15 mai 1688) parle de 100,000 exemplaires de la version d'Anielote répandus en 1685.

2. Pièces pieuses, 1694 (Bibl. Louis Fuzier). On lit à la lin : «Présentée à Dieu en France pour la première fois au milieu du mois de mai 1692 stile nouveau ». Voir nos P. J.

3. Conservées dans le dossier Henri Pourtal C. 173. qui les a recopiées de sa main. Il est très probable qu'elles sont de Broussou. Voir plus loin le titre complet des Lettres, dont nous donnons des extraits.

4. Opusc., p. 206. Voir Douen. II, 447, et 430 (transcrite in extenso).

5. Voir une de ces prières Bull. XXXIV, 437. provenant du carton C. 181, mais non point comme l'a cru F. Teissier d'un dossier de 1701 relatif à des assemblées du Vivarais.

BROUSSON A DZÈS 29

Brousson attribuait une extrême importance à ces dernières manifestations de son activité. L'événement lui donna raison. Il réussit de la sorte à dresser trois prédicateurs nouveaux '.

Un jeune homme d'Uzès, tisserand de serves, nommé Carrière, « ramassa dix à douze de ses sermons, les apprit par cœur, et alla les réciter dans de petites assemblées ».

Papus (La Rouvière) qui, comme Vivent, possédait « l'esprit de prière d'une manière tout extraordinaire » et qui déjà aux côtés des prédicants avait puissammentprié en public, demanda également à Brousson quand il le vit à Nîmes, en juillet, quelques-uns de ses précieux manuscrits, et les lut dans des cultes intimes qu'il réunit à son tour.

Mais surtout Brousson s'émerveilla du zèle d'Henri Pourtal. <t Henri » l'accompagnait depuis 1(51)0. Brousson. dans les bois, lui avait appris à écrire, et l'avait déjà employé, avant son séjour à Nîmes, à recopier ses sermons. Lorsque le maître fut immobilisé par la maladie, l'accompagnateur lui proposa humblement de suppléer à son silence, et d'aller de lieu en lieu, dans de petites assemblées, lire les cahiers qu'il avait lui-même transcrits, en les accompagnant des « véhémentes exhortations » que lui inspirerait son zèle. Brousson consentit à son départ : il fut informé de ses succès, et lorsque enfin rétabli il se sentit capable de reprendre ses courses, il refusa l'assistance du fidèle compagnon qui revenait se joindre à lui, ne voulant point priver le peuple d'un secours spirituel. Il abandonna Pourtal à lui-même, et s'attacha un autre « homme », qui déjà avait cheminé à ses côtés, mais qui connaissait moins bien cependant la région d'Uzès vers laquelle il se dirigea à la fin de Juillet'.

C'est là sûrement qu'il goûta la joie de sentir autour de lui la reconnaissance débordante de ses auditeurs. «Lorsque ce pauvre peuple, dit-il, considérait les calamités et les dangers où il [Brousson] était sans cesse exposé... il ne pouvait se retirer après les Saintes Assemblées qu'il ne vint auparavent se jeter sur son cou, le baiser et lui souhaiter mille bénédictions». Le prédicateur se sentait chaque jour affermi dans son œuvre. «Dieu lui faisait goûter par son Espritdes consolations ineifables ; mais surtout on ne saurait exprimer celles qu'il ressentait dans les Saintes Assemblées et particulièrement dans celles où il admi-

I Sel. des mère., pp. ii. 16, 17.

-2. Ce nouveau compagnon était peut-être Anl. (Iras dit Fesqnrt. qu'on voit avec Brousson à Nîmes en 1693

Distrait la Cène... Il éprouvait une chose bien remarquable, c'est que malgré l'armée d'ennemis qui l'entouraient et lui faisaient une guerre continuelle, dès qu'il était dans les Saintes Assemblées et qu'il ouvrait la bouche pour invoquer le nom du Seigneur... il avait d'ordinaire l'esprit aussi tranquille que s'il avait été dans un pays de liberté » '.

Le prédicant, «dont la poitrine était encore fort tendre », ne pouvait prêcher que de huit jours en huit jours environ, mais, sur s la table du désert », il composait sans cesse et copiait lettres et sermons. Le 10 août, il prêche au nord-ouest d'Uzès, à La Baume (entre Servies et Belvézet) sur les deux premiers versets du Psaume XV: «Eternel, qui est-ce qui séjournera dans ta tente?» ".Le 28, il achève un traité sur La nécessité des Saintes Assemblées". Avant Antoine Court, et Armand de La Chapelle, et pour répondre comme eux, soit aux politiques de l'Eglise persécutée, soit aux théologiens timorés de la Suisse, de la Hollande ou de l'Allemagne, Brousson établit que l'Eglise ne peut subsister que par le culte public. L'Ecriture ordonne les assemblées pieuses, et par des raisons péremptoires. Les ministres qui les célèbrent en France ne peuvent être en aucune façon considérés comme des pertubateurs de l'Etat, a Ceux que Dieu suscite extraordinairement dans ce royaume pour le salut de son peuple, faut-il s'imaginer que s'ils bravent les flammes d'une horrible persécution ce soit de leur propre mouvement?». «Certainement c'est ici le doigt de Dieu, dit Brousson, c'est ici la vertu du Saint-Esprit qui nous soutient, qui nous fortifie, qui ouvre la bouche des morts pour leur faire dire les choses magnifiques de Dieu! ».

La ferveur nouvelle qui réjouit le prédicateur, et qu'il attribue à la seule diffusion de ses écrits, était sans nul doute due aussi aux événements politiques de l'année. La guerre que Louis XIV soutenait contre l'Europe n'avait pas un instant perdu le caractère religieux que les N. C. du Languedoc lui avaient assigné dès son origine.

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