‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 2)Chapitre 11 sur 334 · LES PR.BDICANTS PROTESTANTS · texte numérisé non relu

LES PR.BDICANTS PROTESTANTS

réunis au printemps à l'Est des Alpes. Dans le nombre, 2,800 réfugiés et 1,500 Vaudois, commandés par le comte de Schomberg, composaient, en 27 compagnies, le corps des auxiliaires à la solde de l'Angleterre, sous les ordres immédiats de MM. de Loche et Saint-Julien. Une démonstration fut laite vers Pignerol pour y retenir Catinat. Le gros des troupes, alors, pénétra par le Col de Larche dans la vallée de Barcelonnette, tandis que les 4,000 auxiliaires, guidés par les Barbets à travers les passages du Col de la Croix jugé jusque-là impraticable, arrivaient dans leQueyràs à la fin de juillet. Après avoir pris Guillestre. la petite armée assiégea Embrun, et au bout de dix jours de siège entra dans la ville (15 août). Gap offrit moins de résistance. Les alliés y mirent le feu et incendièrent les alentours'. «Il est difficile, dit l'historien d'Angleterre Rapin Toyras, de comprendre jusqu'où alla l'épouvante des Dauphinois en apprenant ces nouvelles. On craignait que les Nouveaux Convertis qui étaient en grand nombre dans cette province ne se rangeassent du parti des alliés, et il est certain que le roi Guillaume qui avait imaginé cette expédition, avaitfait beaucoup de fonds sur cette circonstance » ~. Schomberg occupa Embrun avec ses troupes protestantes ; il donna le gouvernement de la ville à un Montbrun, neveu de feu Saint- André Montbrun qui portait un nom cher aux réformés du Dauphiné3, et le 21) août, il répandit à des milliers d'exemplaires un Manifeste, publié au nom de Guillaume d'Orange et qu'avait écrit le pasteur réfugié Jean du Bourdieu (de Montpellier) « chapelain du roi », qui suivait l'expédition. Le langage de la pièce était strictement conforme à ce qu'avait demandé, dès 1G81), le marquis de Miremont. Les populations sont invitées à se ranger sous la bannière de l'envahisseur, qui se donne pour un libérateur politique. Son intention est de rendre à la Noblesse ses droits, aux Parlements leur autorité, au Peuple son aisance, aux Provinces leurs privilèges. Il veut établir les Etats Généraux. Il est faux que la guerre présente soit une guerre de religion : aucun changement ne sera apporté à la situation actuelle de l'Eglise romaine. Cependant, les rois

1. De Rochas d'Aiglon. Les Vallées Vaudoises 1880; Marquis de Saporla {Ree. des

Deux-Mondes, 15 janv. 1887, p. 3315). Voir Bail. I.XIII, 7. (A. Mailhet. Les Protestants du Diois et des Baronnies pendant l'invasion du Ihuipltinè en ZÔ&a).

H. XI. ï'}~. Catinat écrirait au roi le 26 avril : « M. Bouchu el M. de Larray me donnent de très grandes défiances des X. C. du Diois. et ils les trouvent capables de se soulever ».

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