‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 2)Chapitre 126 sur 334 · LA MORT DE BROUSSON · texte numérisé non relu

LA MORT DE BROUSSON

(3o Octobre — Fin Décembre 1698)

Ce fut le comte de Broglie lui-même qui reçut Brousson à Toulouse. « Il le fit embarquer sur le canal [du Midi], dit une Relation du 4 novembre 1G981, escorté de son capitaine des gardes, d'un capitoul et de dix hommes armés, jusqu'à Béziers où on le At débarquer, et où les deux compagnies du régiment de Moranges l'accompagnèrent jusqu'à une lieue de cette ville [Montpellier]. Dès qu'on le sut arrivé en cet endroit, on y fit marcher incessamment deux compagnies de grenadiers du régiment d'Auvergne, avec un détachement de cinquante hommes, deux capitaines et deux lieutenants. L'intendant y envoya aussi sa chaise roulante pour le prendre, aux deux côtés de laquelle marchaient le hoqueton de M. l'Intendant et le capitaine des gardes de M. de Broglie qui ne l'avait pas quitté depuis Toulouse [lire : depuis Pau]. Il y eut plus de six mille âmes qui accoururent au-devant de lui pour le voir arriver. Vous l'auriez vu dans sa chaise, ou levant les yeux au ciel, ou saluant d'un air fort tranquille tous ceux qu'il voyait. Personne ne pouvait retenir ses larmes, voyant mener comme un criminel ce véritable serviteur de Dieu. On le conduisit de cette manière jusqu'à l'Esplanade, où M. de Bàville l'attendait et le fit mettre en même temps dans sa chaise à porteurs, et le fit porter à la citadelle ». On était au 30 octobre. Bàville n'interrogea que le lendemain son prisonnier, au-devant duquel la même curiosité qui agitait la foule, l'avait immédiatement poussé.

A Montpellier, comme à Pau, Brousson allait, à la lettre, plaider sa cause.

Aux premières questions de Bàville relatives à sa vie, il répondit en la racontant dans les termes mêmes qu'il avait

l. Vie et ministère de Cl. Brousson.

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