Dossier Destampes. C
2. Des colonies de réfugiés a conduire de la Suisse vers l'Allemagne OU l'Irlande.
3. A ce titre que nous en renvoyons ailleurs l'analyse. a D'Amsterdam. I"' décembre iù'li». C. 172. Dossier Destampes.
36 LES PRÉDICAXTS TBOTESTANTS
justes desseins, à croire en Dieu, et que son bras n'est pas raccourci qu"il ne puisse délivrer, et à mettre votre confiance entièrement en sa bonté, en sa puissance, en sa seule miséricorde, pour l'amour de son Fils qui a souffert en notre lieu et place la mort ignominieuse de la croix, et que sa mort a satisfait pour nous à la justice de Dieu, et par ce moyen vous ne serez jamais confus.
Je n'aurais pas tant tardé, mes très chers amis, de vous répondre, et ne m'accusez pas de négligence, car je n'ai point manqué de produire votre lettre au Synode et encore je l'ai faite consulter à tous les ministres ordinaires de ces sept bienheureuses Provinces Unies, mais ils m'ont tous exhorté à avoir encore un peu de patience pour voir ce que s'ensuivrait des affaires du côté duDauphiné, nie disant que selon votre lettre je n'étais pas obligé de me bouger à moins d'aller joindre l'armée du peuple de Dieu qui était entrée dans le Dauphiné, et qu'ainsi votre lettre n'était pas assez pressante pour me donner la liberté de partir et venir vers vous, puisque selon vous je ne devais venir qu'avec l'armée que je viens de nommer, et que comme nous avons vu que le duc de Schomberg s'est retiré pour cet hiver du Dauphiné, je ne devais venir ici pour cet hiver, a moins que je ne reçusse quelque lettre plus pressante de vous qui fit connaître que ma présence vous serait utile.
Cependant il mont chargé de vous écrire et de vous supplier de me répondre et de m'éerire de temps en temps pour voir quels sont vos sentiments, car cela réjouit extrêmement les bonnes âmes. Et d'abord que vous jugerez à propos que je pourrai être utile aux bonnes âmes qui sont dans vos tristes contrées, je me mettrai en devoir Dieu aidant, de satisfaire à vos désirs avec autant d'ardeur et de force dont je pourrai être capable. J'ai eu de grandes maladies et indispositions depuis que je suis dans ce bienheureux pays, mais je me trouve à présent, grâces à Dieu un peu mieux, et j'espère de la bonté et de la miséricorde de notre grand Dieu, qu'il me donnera la force de pouvoir faire la fatigue et la fonction que vous exigerez de moi. Même j'espère que je me porterai mieux si je puis avoir le bonheur • le vous venir consoler quand vous le jugerez nécessaire, moyennant la miséricorde de mon Dieu, qui fait en nous avec ellicace et le vouloir et le parfaire, selon son bon plaisir.
Ouand l'épitre de Bringuier arriva à Niiues (27 décembre), Destampes était emprisonné depuis près d'un mois, pour un livre de prières huguenotes ' et quelques lettres écrites de l'étranger, qu'une perquisition avait fait découvrir chez lui. Lorsque le juge lui présenta la feuille venue de Hollande à son adresse, il voulut se conserver à sa femme et à ses trois
I . Xouceau Trésor de Prières propres en tout temps, et surtout en celui de l'affliction de l'Eglise. — Imprime a Genève en 1687.