‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 2)Chapitre 14 sur 334 · BONNES PAROLES DE LA OOUH · texte numérisé non relu

BONNES PAROLES DE LA OOUH

enfants, se laissa instruire par le II. P. Roumanille, jésuite, (jui le visitait au fort de Niines, et déclara ne rien savoir de Bringuier*. Peut-être, en effet, ne le connaissait-il pas et s'étaitil offert aux correspondants véritables de celui-ci, comme un intermédiaire commode. Dans ce dernier cas, si l'on se souvient que Bringuier était de Lasalle. et que Lapierre. de Lasalle également, et La Jeunesse, cousin de Bringuier, avaient séjourné en 1(592 à Nîmes, et y avaient prêché, on pourrait se demander si ce n'étaient pas les réformés du vallon des Basses-Cévennes qui aux premières lueurs de la délivrance avaient fait appel à leur ancien prédicant.

Bringuier disait en terminant sa lettre «t Je ne saurais assez vous remercier des obligations que je vous ai, de ce que vous m'avez mandé des nouvelles de ma femme [Anne JMantier] avec beaucoup d'adresse. J'ai écrit ces jours passés à sa mère, adressant la lettre à son parent que vous savez, pour lui rendre. Si par quelque adresse vous pouviez savoir s'il la lui a rendue et VOUS en faire bailler une copie, vous nie feriez plaisir, et cous en pourriez, je m'assure, recevoir quelque consolation ». Les consolations épistolaires que Bringuier prodiguait à ses coreligionnaires, ou à sa femme, partaient d'un bon naturel. Mais que seraient devenus les protestants de France s'ils n'avaient eu pour les soutenir que des correspondances venues de la Hollande ou de la Suisse? Il suffit de se le demander pour rendre aux prédicants du désert toute la justice qui leur est duc.

Les N. C. du royaume crurent que la liberté, qu'ils avaient refusé de reconquérir dans le Midi par une sédition, serait la récompense de leur loyalisme. Le roi avait écrit à Catinat : « Je donnerai avec plaisir [aux N. C. J dans la suite, des marques de la satisfaction que j'ai de leur fidélité. Vous pouvez les en assurer > '-'. A Versailles. M. de Chamlay déclara, dans une conversation particulière qu'il eut avec un ancien protestant, que « les intendants auraient à l'avenir de bons ordres » \ Des Mémoires circulèrent, affirmant que les galériens seraient relâchés et les prisons ouvertes, et conseillant aux réfugiés de Genève et de la

1. Arrêté le :t décembre, il fut transféré à Montpellier le 2S février 1693. Le jugement manque, peut-être D'estampes fut-il relâché. Un Jean Destampe, de Nîmes,

fui envoyé aux galères le 26 sept. 1698 (/•>. I'rot. Liste îles (lai.)

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