Bail. LV1II
3. l'ap. Court, 17, H, f 0. Lellre de Taris du 17 sepl. 1092 (de qui? a qui?).
Suisse des démarches immédiates qui assureraient leur retour '. Une fois de plus l'attente fut vaine. La Cour, satisfaite d'avoir constaté combien ses craintes avaient été exagérées, poursuivit sa politique ordinaire à l'égard des nouveaux catholiques. Une ordonnance royale commanda une fois de plus leur désarmement i. Bàville, comme il fallait s'y attendre, ne sut aucun gré aux protestants du Languedoc d'être demeurés paisibles. Menacé du côté de la Savoie et du côté de Bordeaux, par une invasion du Dauphiné enfin exécutée et par une descente possible en Saintonge, il avait dû se préoccuper d'assurer l'ordre à Castres comme dans les Cévennes 3. La proclamation de Schomberg était sans nul doute parvenue au Bas-Languedoc, apportée par de hardis pionniers. Les émissaires de l'intendant avaient redoublé leur surveillance, secoués cette fois d'une sérieuse inquiétude. Sur des ordres venus évidemment de Montpellier, le prieur de Saint-Michel de Dèze par exemple, réunit sa communauté pour la rappeler à son devoir « d'autant que nous sommes, dit le procès-verbal, dans un temps le plus dangereux et le plus à craindre que nous ayons vu, et que les ennemis de l'Etat ont envoyé quelques prédicants du pays étranger pour faire quelque assemblée illicite et émouvoir quelques personnes du peuple à faire quelque émotion qui causerait la ruine de tout ce pays » '.
1. Ibid. Un premier Mémoire porte seulement la date de 1692 : « Copie d'un Mémoire qu'on fait courir. Le Roi étant persuade de la fidélité de ses sujets prolestants, en ayant été bien informé par les Mémoires de MM. de Catinat et de l'Arrez [Larrey ], ayant été bien assuré que lesdits prolestants n'ont point voulu prêter l'oreille aux propositions du Duc. de Savoie, S. M. n'ayant fait réunir tous ses sujets à la R. Catb. R. que sur ce qui lui avait été représenté que deux religions dans un État étaient opposées aux véritables intérêts de S. M... a donné ordre aux officiers de galères de relâcher les protestants et aux intendants de remettre en liberté les prisonniers. . . ». Autre Copie d'un Mémoire encore de Paris le 22 sept. 1692 : « Il faudrait que les réfugiés de Genève et de Suisse écrivissent des lettres que l'on pût faire voir au Roi et aux ministres, et qu'ils marquassent que leur éloignement et la privation de leurs biens. .. n'ont point altéré leur zèle et leur fidélité... On peut encore ajouter qu'ils ont choisi leur retraite en Suisse et a Genève comme des pays qui ne sont pas suspects à S. M. ».
2. Ordonnance du 24 octobre. Affichée par Bàville en Languedoc le s novembre. C. 160.
3. Voir Mém. de Xoailles, p. 42. Le roi avertit Noailles, qui était en Roussillon (17 août), qu'il eût le cas échéant, à se porter vers la Garonne. L'ordre fut donné à la noblesse du Sud-Ouest, jusqu'au Haut-Languedoc, de « monter à cheval ». afin qu'il ne restât dans ces provinces aucun Nouveau Converti de considération qui pût se mettre à la tète de ceux qui voudraient prendre les armes.