Relation sommaire. . ., pp
2. Maruège est la transcription patoisc du nom Marvcjols. Pour ce qui suit, voir la Relation sommaire. . . de Roman, pp. \\ et suivantes, et le récit l'ail a Cour! par Joseph Corsieux, de Ners, témoin oculaire, le 9 juillet \7.\î (Pap. Court. 17. B, i'M). Voir aussi ibid., 17, B, 415, un témoignage de Cabanis, d'Anduzc ; et deux pièces de 1714 (Bibl. Prot., Manuscrits relatifs au Languedoc).
3. Cabanis raconte l'arrestation un peu autrement : « Après avoir fait une étroite amitié avec un chirurgien de Boucoiran, celui-ci le conduisit le 9 au soir dans une maison de Boucoiran. A la porte, Roman descendit de cbeval, le clnrurgien prit deux pistolets de selle dudit Roman et cria : « A moi soldats ! >*: quatre ou cinq soldats de bourgeoisie L'arrêtèrent. On tira sur le valet. Le chirurgien moula a cbeval. tout de suite après l'arrestation de Roman, pour porter la nouvelle à M. de Broglie a Montpellier». Le chirurgien dont Roman parle un peu plus loin, est peut-être allé a Montpellier; de là vint sans doute qu'on le prit pour le traître.
quérir un chirurgien, qui me fit beaucoup d'honnêtetés, quoi qu'il fût de religion contraire, et me parut fort touché de mon misérable état. Le sang qui me coulait avec abondance, sans qu'on put l'arrêter, avait rougi tous mes habits ; mais je me consolais en disant à mon chirurgien : « Ces plaies que vous pansez sont des restes des afflictions de Christ; ces meurtrissures me sont des flétrissures agréables ; ces vêtements tout rouges de sang sont la livrée de Jésus- Christ mon Sauveur, qui me donne avec la tentation l'issue, afin que je puisse tout soutenir pour sa gloire »; ce qui en effet arriva, car je ne sentis que fort peu de douleur pendant qu'il sondait et pansait mes plaies. Au même instant un curé arriva, qui, faisant semblant de me plaindre, me disait que j'étais la cause de mon malheur, parce que je faisais des assemblées contre la volonté du roi ; car vous savez, me disait-il, que qui désobéit aux Puissances, désobéit à Dieu même.
Roman répliqua, et engagea une controverse, que sa Relation rapporte longuement, en la transformant en un discours du prédicant. Le prêtre, qui vit celui-ci « s'échauffer », le quitta, défendant aux soldats de le laisser parler davantage, de peur que «ses plaies ne lui causassent un transport au cerveau». Peu de temps après, Dumas, lieutenant de prévôt en la maréchaussée de Nîmes, arriva avec les archers, et fit subir au prisonnier un premier interrogatoire.
Comme il voulait, écrit Roman, me faire mettre la main sur la Bible qu'on m'avait prise, pour m'obliger à lui dire la vérité de tout ce que je savais, je lui répondis que je ne le reconnaissais nullement pour mon juge, et que, d'ailleurs, si l'on se servait de la Bible pour me faire confesser la vérité, je sommais mes juges, devant Dieu, de me juger selon ce qui y était contenu >. Il me demanda mon nom, mon pays et ma qualité ? depuis quand je faisais des assem. blées, et combien j'en avais fait? Je lui dis ces choses comme elles étaient ; que pendant l'espace de douze ans j'avais fait un si grand nombre d'assemblées, qu'il m'était impossible de lui en rendre compte ; que j'avais prêché jour et nuit, et toutes les fois que l'occasion s'en était présentée, et que ma santé me le permettait. Il s'informa du lieu de ma retraite ; je lui répondis qu'elle était dans tous les endroits où je trouvais des fidèles. Mais, reprit-il, qui connaissez vous particulièrement? Ma réponse fut que je ne connaissais personne selon la chair. Du moins, continua-t-il, apprenez-moi qui étaient ceux qui vous conduisaient ? Je n'ai point d'autre guide, répliquai-je, que la main de Dieu, et son conseil. Alors il se mit en colère, et il me
l. Cela signifie que Roman refusa de prêter serment.