‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 2)Chapitre 173 sur 334 · Le premier s'était tenu à Francfort, le ii novembre · texte numérisé non relu

Le premier s'était tenu à Francfort, le ii novembre

ROUAN ET LES PASTEl'RS VAUDOIS 3;tl

convaincu, qu"il était en état « d'instruire les ignorants, et de convaincre les contredisants». Roman, fort vexé du refus qu'il venait d'essuyer, voyant dans les pasteurs Vaudois, des hommes « parmi lesquels la charité n'était pas refroidie, mais éteinte ». crut deviner un piège dans la proposition qui lui était faite. L'examen qui lui était proposé a n'aurait tendu, pensa-t-il, qu'à le déshonorer ». C'était son humiliation, et son expulsion, que méditaient des pasteurs malintentionnés. Il demanda qu'aux examinateurs Vaudois fussent adjoints quelques ministres français de Francfort, ou de Hanau. Les Vaudois. jaloux de leur autonomie ecclésiastique, refusèrent. Mais ils apportaient si peu de malveillance dans la discussion, qu'ils proposèrent une solution nouvelle. Oue Roman se rendit dans une Académie, ou dans une Eglise plus savante, où la lecture de bons livres et la conversation de personnes distinguées, le missent en état de subir bientôt l'épreuve qu'on exigeait de lui! Le prédicant allégua qu'il ne pouvait se séparer de sa famille. Il proposa finalement de se soumettre aux directions du savant et pieux pasteur de Wàchtersbach, son voisin, ce qui lui fut enfin accordé. Le Synode lui reprocha vertement d'avoir célébré, sans vocation, un mariage et un baptême. Lebaptêinefut déclaré non valable, et les mariés adressés au Comte, qui statuerait sur la légitimité de leur union.

Ri ii n a h. dans une nouvelle lettre au Comte', se plaignit de l'accueil qui lui avait été fait, et attendit de son autorité la permission d'accomplir à Waldensberg » toutes les fonctions de son ministère ». Le Comte, par la plume de son Conseiller Behaghel. avait déclare au Synode le tenir pour un homme pieux, honorable et honnête, qui n'avait péché que par simplicité ou maladresse. Il intervint en sa faveur en même temps que L'agent de la Hollande. Valkenier. cependant que Roman, docile aux injonctions de ses collègues, continuait ses prédications, et s'abstenait d'administrer les sacrements. Le pasteur de Spielbcrg célébrait les baptêmes à Waldensberg. un autre y donna la Cène.

Le troisième Synode Vaudois (24 juin 1704, à Francfort) finit l'affaire. Il décréta que Jean Antoine Dautun. ministre à Francfort (celui même que Roman avait vu, en lo'JO, aux environs de Vialas), et François Martel, pasteur de Schwabach imposeraient les mains a Roman, le présenteraient, et le recommanderaient au peuple comme ministre. La cérémonie eut lieu à Waldensberg. Le procès-verbal, signé de Dautun et de Martel, se lit

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