I.A LETTKE DE IG
Celui-ci o'y voyait qu'une lettre fictive, «sortie de cette période obscure entre toutes, qui va de la défaite des Camisards à l'entreprise hardie d'Antoine Court, et plus rapprochée de ce dernier terme que du premier »'. A la plupart des objections de F. Berbinau, D, Benoit a répondu victorieusement", et si nous sommes obligés de corriger quelques-uns de ses arguments, nous reconnaissons la puissance des autres. Nous avons vu assez souvent à Nîmes: Brousson, Lapierre, Papus, Henri Pourtal, Gavanon, Colognac : et vers Montpellier: Colognac, Gazan, Pierre Plan, La porte, pour être convaincu que le séjour des villes n'était pas pour les prédicants plus dangereux que celui des campagnes. Il n'y a donc aucune impossibilité morale à trouver réunis a la Noël de l(i'J4 dix prédicateurs du désert auprès du logis de Bà ville, lequel d'ailleurs était alors aux Etats de Narbonne. La Relation de la mort de Papus5, allirme comme la Lettre, que le 24 décembre 1694, trois prédications successives ont été données à Montpellier à l'occasion d'un service de Communion. Les prédicants Boux et Julien, nommés par la Lettre, ont existé. Le dernier n'est point sans doute, comme le croit D. Benoit, le Julien, des Ayres- (Saint-André de Lancize) que David Quet désigne comme son avertisseur en octobre 1689 '. mais le Julien, de Saint Etienne YaU'rancesque, que nous avons vu à Anduze, avec Gavanon. dans la maison de Lissorguesse, lors du meurtre de Lambert \ Quant à Boux, d'Uzès, s'il n'est pas non plus certainement le Guillaume Boux. connu de Lafoux, en 1690 ", (lequel était de Monoblet et fut condamné aux galères la même année), nous ne faisons aucune dilliculté de retrouver en lui le Carrière, d'Uzès, dont Brousson l'ait mention dans sa Relation des Merveilles, et que Colognac connaît en 1693. Boux ou Carrière auraient été un nom et un surnom du même prédicant. Il ne parait pas non