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LES cévenoles INTRAITABLES i"
et que je ne fais de mal à personne. Je sais bien que Jésus-Christ avait dit à ses disciples de prendre des épées pour la conservation de leur propre vie1, mais parce que j'ai vu, par ce dernier et malheureux temps, | qu' |on prétend qu'on a le droit de nous massacrer lorsque nous prions Dieu, et que nous ne devons pas défendre nos propres vies, je marche avec mon homme sans fusils, ni pistolets, ni épées, ni aucunes autres armes, ne mettant notre confiance qu'en notre innocence, en la justice de notre cause, en la miséricorde et en la justice de notre Dieu. Ce sont les choses. Monseigneur, que nous vous supplions très humblement de vouloir représenter à Sa Majesté...
Par sa lettre, ainsi, Brousson s'innocente lui-même, et se met à part de ses frères, mais il ne les accuse, on le remarquera, ni de cruauté, ni d'impiété. L'acte de Gavanon est, pour lui. couvert par une recommandation du Christ. Il faut relever cependant que l'ancien avocat de Toulouse, depuis qu'il est devenu ministre de l'Evangile, n'a pas oublié son ancienne profession. Son récit de la mort de Lambert, présente les faits avec une science de la plaidoirie que nous aimerions mieux ne point trouver ici. Brousson, s'il a son incontestable grandeur, avait ses faiblesses.
La ville d'Amluze fut condamnée (0 fév.) à payer 6,000 livres aux deux fils du consul mort. L'ordre fut donné de raser la maison où s'était trouvé Gavanon. mais le Sr Borne à qui elle appartenait, put, grâce à ses amis, faire révoquer l'arrêt, qui tomba sur une autre maison, que la veuve Lissorgues possédait à Anduze. Le soldat malencontreux qui n'avait pas voulu arrêter La Yérune fut emprisonné, mais son catholicisme lui valut la vie".
La narration de Gavanon. qui nous montre une femme s'acharnant par deux fois à le dégager de l'étreinte désespérée du consul, nous révèle l'énergie sauvage que certaines Cévenoles mettaient à défendre leur foi. Les informations qui suivirent le meurtre amenèrent devant Daudé une de ces violentes, Philippe (sic) Grasse3, femme de Pierre Bourelly. d'Anduze. Son mari a été déporté au Canada. Elle-même, déjà arrêtée (en 1687) par Lambert, sous prétexte qu'elle revenait dune assemblée, a été prisonnière au château de Sommières. Elle se dit de la religion