‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 2)Chapitre 191 sur 334 · Bull. L, 339. C'est nous qui soulignons · texte numérisé non relu

Bull. L, 339. C'est nous qui soulignons

360 LES rRÉDICANTS PROTESTANTS

voici comment on y procède, selon que Paul Coulougnac surnommé Dauphiné me récita avoir été l'ait à son égard. 11 se trouva, me ditil. à une assemblée de 500 personnes que l'on faisait dans un désert près du lieu de La Salle, au commencement de l'année 1691, et s'étant mis à lire devant tous l'Ecriture Sainte, et fait ensuite une prière à Dieu selon les mouvements de son cœur, il entendit d'abord la voix du peuple qui le nomma pour son pasteur, le priant avec des larmes de leur servir dans cette conjoncture du temps ; et s'excusant sur son incapacité, et sur l'insuffisance où il se trouvait d'en remplir toutes les fonctions, ces bienheureux fidèles réitérèrent leurs demandes par plusieurs fois, ce qui obligea Dauphiné d'accepter cette offre, tellement qu'il s'acquitta de cet emploi avec beaucoup d'exactitude et de Q délité. . .

L'auteur de la Lettre ne parle point d'une imposition des mains qui aurait suivi la nomination de Colognac par le peuple. Colognac, sans aucun doute, n'en parlait donc point lui-même. Devant Bàville il justifia sa vocation comme il l'avait fait devant notre inconnu de Montpellier : a Pour prêcher, il n'est pas nécessaire d'être ministre. Dans les Actes des Apôtres, Priscille et Achille ont prêché sans avoir de mission j>. L'intendant voulant savoir « qui lui avait imposé les mains, et qui l'avait l'ait ministre ? » il répondit : s C'a été le consentement de ceux qui ont assisté à mes sermons, et Dieu m'a fait ministre»'. Huit jours après il usait des mêmes termes. « Qui l'a fait prédicant? — Dieu et ceux qui l'ont entendu prêcher ». « A lui remontré qu'il a prêché sans mission, quoique la Discipline delà R. P. R. le défende. — A répondu qu'il a eu une mission extraordinaire, dans un temps extraordinaire comme celui-ci »2.

Nous reconnaissons sous les paroles de Colognac, l'influence directe que Brousson a exercée sur lui. Lorsque ce dernier arriva" dans les Cévennes, il avait déjà discuté, en homme instruit des principes de sa foi, la question de la vocation irrégulière. Ses idées sur ce point étaient arrêtées : il en jugeait par sa propre expérience. La vocation extraordinaire qui lui avait dicté ses Lettres aux Pasteurs, et qui l'avait jeté en France, était pour lui supérieure à la mission régulière des ministres timorés et infidèles. La fuite rapide de Dubruc, le seul pasteur

t. C. 173. r> octobre 1693.

1 Ibid. 12 octobre. Paul Plan, on termes analogues, avait dit en 1693 «qu'il riait ministre de Christ fel qu'en crue qualité il pouvait administrer les sacrements, Dieu lui ayant révélé son Saint-Esprit ». (C. 178. Voir Huit. XLVII, 608).

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