C 172. Dossier de l'assassinat de Lambert
î, David Gazan (La Jeunesse), qui était des PlantieTS (Saint-Marcel de Fonfoulhouse) est dit pareillement quelquefois .< île Milhei-ines ». Hrousson appelle la Jeune fille Isabeau Redostière, d'après la prononciation patoise.
:!. Acte reçu par Bousanquet notaire à Lasalle. Le nom du père est transcrit là sous la forme Antoine Redourtier. Le prèdicant Manoèl d'Algue, avant de devenir fugitif, avait passé un acte notarié tendant aux mêmes lins.
50 LES TRKDICAXTS PROTESTANTS
Psaumes et des Prophètes, une puissante ferveur qui se manifestait dans « des prières admirables », donnait aux prédicantes une force spéciale. « Elles n'administraient pas les sacrements, mais elles allaient de lieu en lieu, faisant des assemblées où elles exhortaient le peuple à se convertir. . . à sortir de l'impure Babylone, à donner gloire à Dieu, et à lui être fidèles jusques à la mort ».
Isabeau Redourtier dut comparaître devant Daudé au début de décembre. Brousson raconte qu'elle fut conduite devant Bàville, à qui elle avoua avoir prêché, si l'intendant appelait prêcher « faire des exhortations à ses frères et prier Dieu avec eux », déclarant au surplus qu'elle voulait obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes. Comme son juge observait qu'elle ne devait pas attendre d'autre traitement que celui des prédicants, elle aurait déclaré qu'elle était prête à la mort. En l'absence de toute trace du procès, nous transcrivons sans trop de doute ces fermes réponses qui convenaient à la jeune inspirée. Elle fut condamnée à la réclusion perpétuelle dans Aiguës-Mortes. Pintarde, arrêtée quelque temps après, aurait été enfermée pour toujours au cbàteau de Sommières1.
A côté de ces deux condamnées, Brousson mentionne encore une troisième prédicante, qui aurait entrepris , autour de Saint-IIippolyte, de prêcher « et même de faire des prédictions ». Vivent et lui, cependant, refusèrent, malgré de vives instances, d'aller l'entendre. Son attitude à l'égard de La Jeunesse « qu'elle sollicitait immodérément au mariage, le menaçant de le faire pendre s'il n'y consentait, ses discours frivoles, bientôt impertinents » auraient fait découvrir que « c'était une coquine apostée par le clergé pour découvrir la retraite des ministres »2. Enfin, toujours selon Brousson, après les précédentes. Dieu aurait suscité dans les Basses-Gévennes trois autres « filles » qui édifiaient le peuple par des prières excellentes. Nous nous demandons s'il faut prendre son expression à la lettre, et s'il ne place pas parmi elles Poussielguesse.
1. Rel. des lien., p. 47 (Douen. II, 103, 104). Gaubert (Pap. Court, 17. B. f* 474 bis) parle d'« Izabeth Redortière, tille de Millierine, voisine du prédicant La Voix. lille fut. dit-il, arrêtée après deux ou trois ans d'activité, par hasard, sur le pont de Gasquet (Valleraugue) venant du mas de la Valette et allant à Ardaillers. Conduite à Montpellier, puis à la Tour de Constance, elle y resta 10 ans et y mourut ». Gaubert paraît avoir confondu l'arrestation d'une prédicante sur le pont de Gasquet (Pin tarde?) avec celle d'Isabeau, qui semble bien avoir eu lieu a Anduzc.