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412 LES PRBDICANTS PROTESTANTS
du Seigneur : et pour vous en donner toute l'intelligence dont nous pourrons être capables, nous considérerons ces deux points le plus brièvement que nous sera possible : au premier nous verrons qui est cet homme que l'Eternel maudit ici. et en second, nous verrons la raison pourquoi il le maudit »'. La division est toujours indiquée avec la même netteté, et précédée exactement de la même phrase.
Un sermon sur Jean. XVI, 33, comprend trois points. « Au •1er nous verrons l'avertissement que notre Sauveur nous donne ici quand il dit : Je vous ai dit ces choses afin que vous ayez paix en moi. et en 2e. le partage (sic) que nous devons avoir dans ce monde, afin d'être les participants de cette paix ; en 3e et dernier, la confiance que nous devons avoir en Dieu, car après avoir dit que nous aurions ang-oisse au monde, ajoute : mais ayez l'on courage,/ ai vaincu le monde». Notons encore la division du sermon sur Malachie, IV, 2. Elle comporte également trois points : « Au 1er, nous verrons quels sont ceux à qui parle le Prophète quand il dit : Or, à vous qui craignez l'Eternel, se lèvera le soleil de Justice, et en second, nous verrons quel est ce soleil, et en troisième et dernier, les grandes facultés qu'il a en lui, c'est que la santé est dans ses ailes ».
Mais L'ordonnance de ces débuts ne se soutient pas. Le prédicant, après sa division, continue par une phrase où il rappelle « le premier de ces points ». mais poursuit son discours, sans développer strictement les idées successives qu'il a annoncées. La division n'est, pour sou inexpérience, qu'une façon de résumer les vérités contenues dans le texte choisi. L'exorde d'un sermon sur le Psaume CXXVI, "i. annonce deux points : « Au premier nous verrons l'effet que produisent ces larmes, et en second et dernier, l'avantage et l'utilité que produisent ces larmes : nous moissonnerons avec chant de triomphe ». Le sermon entièrement écrit, Rocher a jugé bon d'écrire sur une feuille volante une division nouvelle : « En premier nous verrons quelles sont ces larmes dont nous parle ici notre Prophète, en 2' et dernier les fruits et les avantages que nous devons recueil-
i. L'orthographe de Rocher, & peine défectueuse, n'a pas été respectée dans les
extraits qui suivent. j»:is plus qui' dans Les «•italiens (tes autres prédicallts dont
il sera question. Les discours sont faits pour être lus à haute voix, et les singularités île l'orthographe n'apprendraient rien sur leur valeur. Nous n'avons rigoureusemenl conservé que les incorrections qui trahissent l'influence du patois, et grâce auxquelles il est possible parfois de restituer à ces fragments leur ai cent • véritable.
lir de ces larmes. En premier nous vous ferons voir d'où doivent procéder ces larmes, et à l'occasion de quoi elles doivent être versées, et après nous vous ferons goûter, avec l'assistance de l'Esprit du Seigneur, la joie et la consolation qui en reviennent ». Il est évident que malgré la modification apportée à la ' phrase d'introduction, le sermon devait demeurer intact.
Le plus curieux des sermons de Rocher (sur Jean XII. 33), est celui qui parait le plus ancien. L'écriture en est la plus effacée, et l'orthographe la plus défectueuse. Tout le début est d'une naïveté délicieuse et d'une franchise qui désarme toute critique. Ce chrétien convaincu, qui reconnaît son insuffisance, et qui cependant sait bien qu'il offre à ceux qui lécoutent la vraie nourriture de L'âme, cet homme un peu plus cultivé que la masse de son auditoire, qui. parlant sur la lumière, croit devoir dire tout ce qu'il sait sur le soleil, « ce bel astre », et sur la lune, l'ingéniosité, l'habileté et l 'à-propos de son exorde, tout dans cette page charme et ravit celui qui consent à s'y livrer simplement'.
Frères bien aimés en Notre Seigneur Jésus-Christ.
Vous savez sans doute comme autrefois le peuple d'Israël demura catif en Egitte l'espace de quatre cents ans : mais après que le temps que Dieu avait déterminé pour la délivrance de ce peuple fut accompli, Dieu envoya son serviteur Moïse pour parler au roi Pharao, pour lui dire de laisser aller son peuple en liberté. Mais ce roi barbare et cruel ne volut point obéi au commandement que le Prophète lui faisait de la part de l'Eternel : au contraire, il endurcit sou cœur déplus en plus, et Dieu, voyant l'ingratitude de ce roi, envoya une armée de sauterelles qui broutèrent toutes les campagnes des Egyptiens, mais encore cet impie tyran ne volut point obéi à la parole de l'Eternel, et Dieu irrité de cela le châtia de plusieurs autres plaies. comme de mouches, de grenouilles, de poux, et les ténèbres qu'il lit venir sur tout le pays d'Egitte ; mais encore ce monarque ne pouvant être dompté* par ces plaies, Dieu envoya l'ange destructeur qui fit mourir tous les premiers nés d'Egitte tant des hommes que de bètes, même jusques au lils du roi qui, après lui, devait être assis sur le trône. Mais de toutes ces plaies dont Dieu visita ce peuple il n'y en avait pas de plus triste que celle de ténèbres que Dieu envoya sur ce pays. Il n'y en avait pas, soumise mblè!, de plus affligeantes
1. Quelques-uns des fragments qui suivent ont été publiés déjà par M. Lelievre (Delà Révocation à la Révolution, p. 408) à qui nous les avions communiqués. D'autres par 1). Benoît (Eeangéliste, 8 nov. 1901), qui a dépouille le dossier de Rocher.