DOSSIER DAVID GAZAN
pour la conscience. Et comme dit l'Apôtre, au chap. XIII des Hébreux : Honorable est le mariage entre tous, et la couche sans tache et sans macule. Et il y a tant d'autres choses que je ne puis mettre sur le papier, à cause de la brièveté; mais pensez, je vous en prie, à donner gloire à Dieu, par une prompte repentance. Je vous en prie pour votre propre salut, et par les entrailles de la miséricorde divine. Faites comme Saint Pierre, revenez de votre égarement, car il vaudrait mieux que vous n'eussiez jamais connu la voie de justice, ([ne non pas après l'avoir connue se détourner arrière du saint commandement qui vous avait été baillé.
La lettre de Colognac devait servir à la propre défense du prédicant. Il avait appris que dans sa vallée natale de Gros, «le bruit courait qu'il était un meurtrier ». C'étaient, dit Golognac, des « calonnies atroces ». Pas plus que Vivent, il n'accepte d'être poursuivi pour avoir versé le sang. Le meurtre de Bagars n'a été pour lui qu'une exécution légitime. S'il est persécuté, « c'est pour la querelle de Dieu, et pour le maintien de la Religion, pour laquelle, dit-il, je souffrirais tous les tourments du monde ». La Bible lui fournit des exemples qui le rassurent. Mépbisboscliet, Naboth, Amatha, les Apôtres, Saint Paul, ont été outragés et persécutés. « Jésus-Clirist a été appelé Belzebeut (sic), prince des diables, perturbateur du repos public. Mais ma plus grande consolation est que ma conscience ne me fait point de reproches ».
Défenseur d'une cause sacrée, devenu un des héros de l'Eglise opprimée, ne reconnaissant point pour ses juges légitimes ceux aux mains de qui il pouvait être livré au premier jour, décidé à nier devant eux des actes qui n'avaient été, à son avis, que la manifestation des justices de Dieu, Colognac, la conscience tranquille, et tout à son œuvre de relèvement, prêchait l'Evangile avec un savoir qui était mince, mais avec le haut sentiment de sa dignité.
§ 3. — David Gazan.
La liasse de sermons que nous réunissons autour du nom de David Gazan (La Jeunesse), s'est trouvée constituée dans des circonstances que nous ignorons. Elle est contenue actuellement dans le dossier des prisonniers arrêtés au mas de Montredon et à Pontmarès (Saint-André de Valborgne) en décembre 11591 ' .