LE PSAUME DE JEAN ROQUES
§ 4. — Dossier Jean Roques'.
Avec les ébauches de son épitre, Jean Roques, de Caderles, portait sur lui une poésie que l'abbé Rouquette a trouvée dans son dossier. Mais il n'y a pas reconnu une simple traduction du Psaume 25 :, à laquelle manquent une première strophe et les six premiers vers d'une seconde. Roques n'aurait pas eu besoin de recopier la version de Marot, qu'il savait très probablement par cœur, pour l'avoir souvent chantée au temple. IL a transcrit une traduction plus élégante, qui n'est pas d'ailleurs celle de l'évèque Godeau, ni la nouvelle version que le Consistoire de Paris avait publiée dès 1G77, dite à tort version de Conrart. et qui est l'œuvre de l'ancien La Rastide3. Ce Psaume 25. en ses paroles toutes neuves et limpides, avait paru à Roques une véritable Chanson spirituelle, et il en avait gardé les deux « pauses », l'une de quatre, l'autre de cinq strophes.
4 . Dieu seul est la droite voie Et nous conduit par la main; Au pécheur qui se fourvoie Il montre le droit chemin.
Pour le servir il fait choix Des humbles dans leur misère; Il fait connaître ses lois A tous les cœurs débonnaires.
(10) O Dieu, garantis ma vie Contre tant de conjurés J'espère, malgré l'envie De voir mes jours assurés.
Que ma seule intégrité Soit ma garde et ma défense ; D'Israël, par ta bonté.
Fais moi voir la délivrance !
Le prédicant qui chantait ces vers sur une mélodie qui lui était chère, avait-il l'âme religieusement vide? et la « solitude » y régnait-elle? Nous ne le demandons point à M. l'abbé Rouquette.