Uni' barre transversale du lit
■2. La meurtrière extérieure.
3. Le procès-verbal de l'évasion mentionne .< une couverte [couverture] pendant du Banc [l'embrasure] jusque dans l'eau, avec une chemise au bout, attachée a un bâton au travers dudit tlanc ». Gavanon racontait quelque temps après, dans les Cévennes, qu'une fois dans le fossé « il était allé à bord, mais n'avait pu se prendre pour sortir ». Il était donc revenu à la nage contre le fort, el était allé sortir a la resclause [la vanne grillée] du moulin (?).
ti
liVASION DE GAVANQN J.>
mière palissade que je trouvai se trouva un peu plus large que 1rs autres, et je passai entre deux sans difficulté ' ; et avant l'ait le tour de la ville, je m'en allai en droiture à Lasalle, et sans que j'eusse la pensée de m arrêter à Montredon comme je l'avais conçu dans la prison. Et je lis chemin jusqu'au[x] Bousquet[s] où mon père et ma mère et ma sœur étaient, et mon père étant sur son départ pour m'aller voir dans la prison à Saint-Hippolyte. Il eut bien de la joie ei du contentement de me voir être échappé d'un si terrible danger et être hors des mains de mes cruels persécuteurs. Et d'abord que je fus repris, parce que j'avais marché déchaux, à nus pieds, toute la nuit, j'allai l'aire ma demeure pendant huit jours sous un figuier fort épais. El ensuite j'allai rester quelque temps dans une maison secrète à Lasalle.
Gavanon, sauvé contre toute attente, composa sur son évasion une Complainte qu'il communiqua plus tard a Ant. Court. Dans les vers tout populaires, à peine rimes, qu'il lit
loin de son village
dans le bois parmi le feuillage, (fallait bien qu'il les fit aux champs à cause qu'il était errant),
il donne cours à sa reconnaissance :
Dieu n'a pas manqué de moyens Lorsqu'il veut conserver les siens.
Encore, avec nos souffrances, Nous fera voir la délivrance, Et nous chanterons hautement Les louanges du Tout Puissant.
Pour les âmes religieuses des prédicants et de leurs compagnons, une heure d'allégresse faisait oublier de longs jours d'angoisse. La délivrance de La Yérune fut une réponse providentielle aux dernières arrestations. Malgré la traîtrise de Montredon et de Villeneuve, et la surveillance de M. de la Haye, les assemblées reprirent comme par le passé autour de Lasalle, de Saint-Hippolyte etd'Anduze.
Laporte avait prêché à la lin de juillet dans le bois de Saint- Félix, d'où il était parti pour les Hautes-Cévennes \ Après lui Dauphiné, avec son compagnon La Verdure (dont nous ignorons le nom véritable'), réfugiés vers Pasealou et Unas. autour de
1. La sentinelle qui avait vainement tiré du haut du fort sur le fugitif, déposa i|ue pris du moulin deux hommes étaient venus le joindre.
i. Il prêche au-dessous de Barre le i'j septembre. C. 171. Dossier Laporte.
3. Sans doute un accompagnateur de Grevou (Massai '.') qui a repris le surnom du prédicant tue au mas de Montredon.
mas hospitaliers1, réunirent, dans la rouvière delà Cam de Monoblet, sur l'emplacement des grandes assemblées de Vivent, les réformés des environs. Une première assemblée s'y tint au commencement d'août. Un mois plus tard (12 septembre) quarante ou cinquante auditeurs s'y rendirent. La fille de Puech le forçat, celle de Martin le fugitif, y montèrent de Lasalle!. Dauphiné, avec La Verdure et une veuve qui suivait d'ordinaire les prédicants, parut vers neuf heures du soir. 11 commença par la prière de Mes frères 3. Il fut alors question de se transporter jusqu'à un endroit nommé Las Figuières, puis on y renonça. La chandelle fut allumée. Un prédicant lut les dis Commandements. Dauphiné prononça ensuite une nouvelle prière, et prêcha, « exhortant l'assemblée à la persévérance et à recevoir la Communion ». « Et ayant achevé la prédication et donné la bénédiction, La Verdure commença à rompre le pain pour faire la Cène ».
Mais brusquement, du côté de Saint-Félix, survient Jean Villaret, de Monoblet, dont la femme est à l'assemblée. Il annonce qu'un détachement va sortir de Monoblet, qu'un autre est déjà parti de Lasalle*. Il n'y a pas de temps à perdre. La chandelle est éteinte. Dauphiné, La Verdure et leurs amis confèrent un instant ensemble, puis, avec quelques assistants, partent pour Valestalières. La fille de Pierre Jean, de Colognac, qui était de la troupe, n'ayant pu suivre « à cause qu'elle était pieds nus et portait ses souliers dans sa jupe » se perdit dans le bois, et fut saisie le lendemain, exténuée, au pied d'un arbre, par les patrouilles qui battirent la montagne5.
1. Nous avons mentionné déjà la maison de Combes à Pascalou. La famille Faucher, de Pascalou, les habitants d'Unas et de Bruguier avaient fourni souvent de la viande à Massai (Labric) qui venait IV chercher. « Les prédicants y étaient presque toujours, les uns ou les autres ». La famille Bon, du mas de Contre (Saint- Félix) dont un fils, Etienne, était le La Victoire du placard de Bàville, offrit l'hospitalité au début de septembre à Dauphiné, après un culte célèbre au bois de Saint-Félix. C. 172. Dossier de l'Assemblée de La Cam. dont nous allons parler.
2. C. 172. Dossier de l'Assemblée de La Cam. Voir Bull. XXVI, 516. Il n'est pas dit dans les pièces du dossier, comme l'avance D. Benoit que Pierre Plan ait assisté à l'assemblée.