‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 2)Chapitre 8 sur 334 · La « Confession des Péchés · texte numérisé non relu

La « Confession des Péchés

4. Gavanon parlant des assemblées, dit « qu'on laissait une personne assurée, dans les endroits où il y avait des soldats, pour avertir, en cas de détachement ••. Villaret avait trouvé un prétexte pour passer la soirée dans la maison où logeait le lieutenant de la Compagnie en quartier à Monoblet.

.">. Il n'est pas question de gens armés parmi les assistants. On avait vu cependant pendant le culte « une paire de pistolets posés au pied d'un arbre ».

BROUSSON A nimf.s 27

Ce fut le seul butin des soldats. Mais le Sr François des Vignolles, capitaine de bourgeoisie et consul de Lasalle, qui avait été prévenu par le fds Puech, son rentier du mas de Claveirolles (lequel avait ainsi lancé les soldats contre sa propre sœur), chargea le jeune homme, dont le père ramait sur les galères, de «lui trouver les prédicants». Puech les alla chercher vainement (24 septembre) à Pascalou chez sa belle-mère Faucher. Il n'y vit que « la veuve ». La Rouvière, Gavanon et Villeneuve de Mandiargues étaient partis depuis une demi-heure après un repas dont il fut invité à manger les restes '.

Les indications fournies par Puech, aboutirent à l'assignation de sa soeur et à son propre interrogatoire. Valdeyron servit encore de témoin au fort de Saint-Hippolyte. et Daudé (du 24 septembre au o octobre) instruisit le procès de quatre hommes et de quatorze femmes ou filles, la plupart de Monoblet ou de Saint-Félix, accusés presque tous d'avoir reçu chez eux en IGitl les prédicants ou les jeunes gens de leur suite '. L'information révéla que deux jours avant l'assemblée de la Cam, le dimanche 14 septembre, pendant qu'on disait la grand'messe à Lasalle, Pierre Plan, assisté de Gay et deCompam Villemejeanne) avait prêché dans levalat des Sognes. L'assemblée, fort réduite, s'était dissipée au bout d'une demi-heure « n'ayant pu tenir plus longtemps à cause de la pluie » 3.

La surprise de La Cam ne fut pas attribuée aux dénonciations du vrai traître. Ce fut Gavanon, sorti du fort par un incroyable miracle que l'on soupçonna, et tandis qu'il demeurait dans les Cévennes, La Rouvière, qui descendit à Nîmes, porta cette information à Brousson.

Le prédicant, nous l'avons dit, était dans la ville depuis le début de mars. Epuisé par les souffrances et les émotions de l'hiver, il renonça d'abord entièrement à la prédication. « Sa poitrine ruinée » lui interdisait de parler en public. Mais il n'était pas homme à demeurer dans l'inaction, et il écrivit plus que jamais '. C'est de là que partit sa Requête du 10 mars, qui

Page 1