‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 2)Chapitre 78 sur 334 · LES PRBDICANTS PROTESTANTS · texte numérisé non relu

LES PRBDICANTS PROTESTANTS

...Il faut que je suive [la] vocation [de Dieu] et le mouvement de ma conscience, et il faut que vous fassiez à Dieu un sacrifice de toutes les considérations de la chair et du sang pour acquiescer à sa volonté. Vous devez, avoir reconnu que j'ai la crainte de Dieu, et les grâces que ce bon Dieu m'a accordées par le passé, vous doivent donner cette sainte confiance. . . qu'il me donnera toujours des témoignages de sa miséricorde, de son amour et de son soin paternel.

...Ne vous inquiétez de rien : mais souvenez-vous toujours que Dieu conduit toutes choses avec une sagesse admirable... Dieu veuille vous conserver, vous fortifier par sa grâce, vous faire goûter les consolations de son Saint-Esprit, vous combler de toutes ses bénédictions, rétablir bientôt sa pauvre Jérusalem, mettre lin par là à nos misères, et nous faire un jour participants de sa gloire1.

La malheureuse femme ne devait pas revoir son mari.

Brousson remonta le Rhin, parvint en Suisse, et entra dans le royaume par la Franche-Comté. Il était à Lyon vers le milieu d'octobre (1697). La colonie suisse protestante de la ville, que le roi avait autorisée, en i(i92, à posséder un cimetière3 et autour de laquelle se groupaient, malgré une surveillance constante, les Nouveaux Convertis notables, offrit au pasteur un refuge momentané. Il avait vu sur sa route les réjouissances publiques anticipées qui saluaient une paix que l'on pensait assurée ; il avait recueilli les soupirs des réformés qui en attendaient un sérieux soulagement. Il apprit à Lyon, mais sans beaucoup de détails, les dernières démarches des Comités de Hollande.

La signature de la paix générale, en raison des difficultés soulevées par les princes d'Allemagne et l'empereur, avait été renvoyée encore du 30 août au 20 septembre. Les réfugiés virent dans ce nouveau délai une faveur de Dieu. Le 15 septembre, le Mémoire des Alliés Protestants, dont les ternies avaient été discutés avec le Comité zélateur des Huit, fut remis par M. de Pembrock, chef de l'ambassade d'Angleterre, au médiateur. M. de Lilienroth. lequel le présenta immédiatement aux plénipotentiaires français. La discussion fut vive. Les Français, prétextant les ordres formels de Louis XIV, refusèrent d'abord de recevoir une pièce qui concernait les affaires religieuses du royaume. Sur les instances du médiateur, M. de Caillières consentit enfin, le 18 septembre, à prendre le Mémoire,

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