‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 2)Chapitre 79 sur 334 · La première inhumation eut lieu le 10 avril · texte numérisé non relu

La première inhumation eut lieu le 10 avril

LE MÉMOIRE DES AMBASSADEURS BVANGBLIQUBS f 7;ï

et à l'expédier à Paris, en même temps qae les minutes définitives du Traité. Depuis quelques semaines déjà, les réfugiés « ne luttaient plus qu'avec très peu d'espérance de succès contre Le mauvais vouloir 'évident des persécuteurs », el il leur avait lallu, comme on vient de le voir, « se contenter d'une simple intercession, au lieu de négocier le rétablissement »'.

Le Mémoire était, dit Jurieu, « bon et judicieux, respectueux, et pourtant pressant autant que cela était possible ». Les Alliés protestants s'y déclaraient touchés des calamités qu'enduraient une grande partie des sujets du roi pour demeurer fidèles à leur conscience. Si les maux que souffrent ceux-ci. disaient-ils, continuaient après la paix conclue, ils « pourraient être attribués à l'aversion du roi contre tous les protestants en général, ce qui affligerait beaucoup les Puissances de cette religion ». Les ambassadeurs se trouvent donc « obligés de [les] recommander très instamment aux plénipotentiaires français », « afin qu'il soit procuré à ces pauvres gens le soulagement après lequel ils soupirent depuis si longtemps, et afin qu'ils soient rétablis dans leurs droits, libertés el privilèges en matière de religion, pour jouir d'une entière liberté de conscience, et que ceux d'entre eux qui sont dans les prisons ou autrement [détenus] soient élargis, afin que ces affligés puissent avoir part à la paix, dont toute l'Europe, selon les apparences, va jouir » \

Joint aux articles de la paix déjà signée, le Mémoire n'était plus qu'une requête accessoire, et de fort peu de poids. Il ne comptait que sur les dispositions bienveillantes d'un roi qui, sans scrupule, avait violé les édits les plus sacrés. Néanmoins, le prestige du roi d'Angleterre était tel aux yeux des protestants, que Brousson écrivit de Lyon en Hollande : « J'ai lu le Mémoire. . ., je le touve fort judicieux et on en fait partout le même jugement. J'ai surtout bien de la joie de voir qu'on n'ait pas distingué les intérêts de l'une et l'autre communion ». L'affirmation officielle d'une entente qu'il avait lui-même réclamée

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