Paroles de Jurieu. Ihill. XL, 38C
2. Dans les deux transcriptions du Mémoire qui se trouvent Douen, 11, Î91, et Ilull. XL, 171) (cette dernière est meilleure), le mol les, que nous avons placé entre crochets, est omis, el la phrase, par la, devient sinon inintelligible, du moins fort incorrecte. Nous le rétablissons, comme aussi le mot détenus, d'après le texte insère dans ïllistoire d'Angleterre, de ttapin Toyras, XI, V . ■ i . La copie du Mémoire qui est au dossier Brousson, porte au premier passage :« obligés de recommander très instamment ce Mémoire >■. Peut-être cette version est-elle la meilleure.
174 LES PRÉUICANTS PROTESTANTS
dès 1685, lui permettait de bien augurer de l'avenir. « Je prie le Seigneur, ajoutait-il, qu'il lui plaise d'augmenter déplus en plus le zèle des Puissances Protestantes, de répandre en même temps sa bénédiction sur tous leurs soins, sur leurs Personnes sacrées, et sur tous leurs Etats » '.
Le Mémoire, dont Brousson prit une copie qu'il garda, était le résultat des efforts des zélateurs. Le Comité des Dix, fidèle à sa résolution de ne s'adresser qu'à Louis XIV, avait fait imprimer, de son côté une Requête au roi, qui parut le 3 septembre2. Juricu fut exaspéré des termes dans lesquels elle avait été conçue ; il s'indigna que des réfugiés pussent employer à l'égard d'un monarque oppresseur de la foi, des expressions « qui lui attribuaient une puissance sans borne» ', et osassent lui dire que « nul homme sur la terre ne pouvait les dispenser de la fidélité qui lui était due. » Brousson fut plus attentif à l'éloquence pressante qui l'avait inspirée, et où il retrouvait la hardiesse de langage et en même temps les précautions oratoires dont il avait usé lui-même, en d'autres circonstances.
Nous prions Dieu, disait l'auteur anonyme, pour la durée et la prospérité du règne de V. M. ; niais enfin Y. M. n'est pas immortelle.. . Au nom de Dieu, Sire, nous supplions V. M. de faire réflexion que peut-être aux dernières heures de sa vie, les misères affreuses d'un grand nombre de ses sujets.., dans lesquelles de faux dévots ont engagé V. M. de les précipiter, viendront se présenter à ses yeux pour troubler le repos de son âme. . . Nous avons peine à croire que les violences qu'on nous a laites soient venues à la connaissance de V. M. ni qu'elle voulût souffrir que l'histoire de son glorieux règne en fut chargée.
Nous sommes demeurés dans le silence, pendant que V. M. était occupée d'une grande guerre. Présentement qu'on travaille à la paix de l'Europe, trouvez bon, Sire, que nous vous demandions, avec tout le respect que nous vous devons, la paix de nos consciences. Les uns supplient V. M. de leur rendre leurs femmes et leurs enfants. Les autres vous demandent leurs pères et leurs maris. Les uns vous prient de les tirer des cloîtres, des prisons, et de ces terres barbares où ils sont confinés parmi les sauvages, les autres de les délivrer des chaînes et des rames où ils sont attachés avec les scélérats. Que nous