‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 3)Chapitre 103 sur 346 · BAS A ALAIS · texte numérisé non relu

BAS A ALAIS

mémoire affaiblie », si bien qu'il est difïicile de situer à leur date exacte un certain nombre des faits qu'il a notés. Il se rappelait avoir prêché dans les Hautes-Gévennes, au Bousquet de la Barthe (près Barre), au Pompidou, au Pont de Monvert. Il s'était approché de Saint-Jean [de Marvéjols] et dUzès. Quelque dans^ereuse aventure l'avait renvoyé à Saint- André de Valborgne, Gazyard (?) [Gatuzières ?] et Meyrueis. Il connaissait également Alais, la Tour de Billot, Anduze, et Montagnac'. Il avait manqué être pris à Anduze, dans la maison de la D"« de Peau (?). Les « ennemis » fouillaient le logis, et il était mal dissimulé derrière un tas de fagots. Quelques Demoiselles- feignirent d'aider les soldats dans leurs recherches, et couvrirent si bien le prédicant des « fascines » qu'elles soulevaient, que « Dieu le garantit par sa grande miséricorde ».

A Alais, son sang-froid le tira d'un aussi mauvais pas. Le gouverneur et le major le savaient dans la ville, et avaient mis en campagne les soldats de la citadelle. Bas envoya chercher au plus vite à Arnat (Larnac ?) une vieille fille, M"« Pensier, «bonne chrétienne ». Elle vint. «Il faut, lui dit-il, que vous me preniez sous le bras, pour sortir avec vous hors la ville. Dieu aveuglera nos ennemis, ils ne croiront pas qu'un homme comme moi soit si hardi de pai-aître en plein jour. On vous saisii'a, on vous mettra en prison. Vous avez des neveux à Lyon, il faut dire que c'en est un qui vient de faire des emplettes du Bouergue, et après quinze jours vous sortirez ». « Je passai donc avec elle, ajoute Bas, et devant les places où étaient le gouverneur et le major, les saluant, j'échappai par la puissance divine, de leurs mains, et sitôt je passai le Gardon sur un cheval à poil, et la pauvre Demoiselle fut saisie chez elle, et il ne lui est rien arrivé que ce que j'avais dit».

Cinq mille livres, au dire du prédicant, étaient promises par Bàville pour sa capture. Un certain Donzel, des environs d'Alais, désireux de toucher la prime, s'ouvrit de ses intentions à un habitant de Montagnac^ nommé Téron. Mais ïéron était « un véritable fidèle », qui prévint Bas des manœuvres de Donzel. Bas conseilla simplement à son ami d'amener le traître à la première assemblée qu'il présiderait. Il eut la précaution seule-

1. Entre Lédignanet Saint-Mamert. Ne serait-ce pas plutôt Monli^nar^ues, prés de Vézenobres ?

Page 1