‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 3)Chapitre 104 sur 346 · Voir uue note précédente · texte numérisé non relu

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ment de l'y faire surveiller par quelques hommes, pour le retenir s'il essayait de s'échapper.

Après l'assemblée finie, raconte le prédicant, je me joignis à lui, et lui tins un langage de douceur, et que Dieu me l'amenait par là pour être du nombre de ses enfants et lui faire entendre sa voix ; qu'il n'était qu'à lui d'être fidèle pour être heureux, et à ne se laisser pas aller à la superstition et à l'idolâtrie et à quitter le vrai Dieu, et à s'attacher à suivre les ordres qu'il nous avait laissés par son Testament, que par ce seul moyen on pouvait être éternellement heureux, et que j'étais sûr que Dieu voulait le sauver et le rendre heureux. Et lui donnai un testament de Mons *, et lui fis voir comme Dieu déclarait heureux ceux qui lisaient et en profitaient, et comme il condamnait ceux qui défendaient de le lire, et ceux qui annonçaient contre ce qui était écrit, et ceux qui annonçaient la doctrine des diables, qui défend de se marier, de manger les viandes créées pour les fidèles, qui ne peuvent soufirirla saine doctrine, — l'Antéchrist, — les caractères, — les faux docteurs. . .

Après cette exhortation, où Bas nous a conservé la substance de toutes ses prédications, « Dieu, dit-il, fît tant d'impression sur le cœur de Donzel, qu'il le changea, et le rendit véritable fidèle, suivant, tant qu'il savait, les saintes assemblées. En un mot, cela s'étant su, il fut pris et mis au fort d'Alais, où il souffrit les fers aux pieds et soutint constamment la vérité, quoique son père et sa mère le vinssent voir et l'injurient, lui disant qu'il était perdu » -.

Des environs d'Alais, où sa prédication avait porté d'aussi heureux fruits, Bas, passant par Saint-Hippolyte se retira vers « les Cévennes Hautes », dans l'été de 1697. Pendant qu'Olivier et Roman célébraient vers Saint-Paul la Goste ou Nîmes les assemblées que nous avons mentionnées plus haut, il fut témoin, lui aussi, dans la montagne, du renouveau d'ardeur qui accompagnait le bruit des négociations de la paix. A Griou (?), à la Gùte d'Aulas, à Valleraugue, « partout, dit-il, je voyais de tous les quartiers augmenter le zèle, la piété de ces peuples et le nombre s'augmenter d'une manière admirable, et sortir même des bourgs et des villes en foule ». Les ennemis, surpris, firent de forts détachements. Mais le prédicant usait

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