Information spéciale du 23 octobre 1697. C
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ROMAN A GENKVE 197
d'humiliation. Le jeune solennel du 29 août, et ceci explique sans aucun doute la faveur avec laquelle en fut accueillie la proposition, devait être un appel suprême qu'en un moment solennel, le peuple opprimé adressait à la miséricorde de Dieu.
Roman ne fut pas moins ardent que Daniel Bas. A Meyrueis, nous l'avons vu, il était revenu à la coutume des premiers temps du Désert, et se faisait garder par des compagnons en armes. Il se trouva bien de s'être mis sur la défensive. Dans les Gévennes\ un faux frère, nommé Bermont, avertit le curé de sa paroisse d'une assemblée prochaine. Le prêtre, faute de soldats, réunit quelques paysans, qui s'embusquèrent pour se saisir du prédicant. Mais, dit Roman, « je passai au milieu d'eux sans qu'ils eussent la hardiesse de l'entreprendre, tant à cause que mou parti était aussi fort que le leur, que parce que Dieu ne le voulut pas permettre ». Le « parti » de Roman était armé, et cette circonstance (il ne l'a pas notée dans sa Relation) provoqua les mouvements considérables que firent dès lors dans ces quartiers-là les troupes de la province (les milices). Il lui fut impossible d'y marcher ni de nuit ni de jour, et revenant à son projet de quitter le royaume, il partit pour Genève, prenant la route du Vivarais, dont il avait visité déjà certaines parties.
Le prédicant arriva à Genève le 13 juin 1697. Il comptait ne s'y réfugier que pour un temps, et y prendre au moins quelque repos. Mais il se trouva là, contre toute attente, o: sous une croix plus rude et plus pesante que dans les cavernes des Cévennes. » Les zélateurs et les modérés s'y entendaient aussi peu qu'en Hollande. Les sages accusaient les violents d'avoir, par leurs manœuvres imprudentes, compromis l'avenir. Les réunions tumultueuses que ces derniers avaient encouragées dans le royaume, avaient tout perdu. « Quelques particuliers » traitèrent Roman « de tentateur et de perturbateur », disant que ses assemblées étaient la cause de tous les malheurs qui arrivaient en Languedoc. Roman fut obligé, comme Brousson, de justifier la nécessité impérieuse de son héroïque apostolat, de prouver l'impossibilité où il était de se consacrer simplement à des exhortations individuelles, et de rappeler à ses contradicteurs que Dieu leur redemanderait des âmes innocentes, qui périssaient faute de lumières'.
1. Relation sommaire..., p. 32 : « Les Cévennes » signifient ici la région moyenne des montagnes, ;i l'Est de la Cam de l'Hospitalet.