Relation sommaire, p
Mais les pasteurs, qui le raisonnaient <r avec toute leur philosophie », n'avaient point le s;oûi du martyre. Brousson, à la même heure, souffrait en Hollande de leur pusillanimité et de leurs scrupules. Sa foi, et son amour des âmes, allaient le ramener au milieu des pauvres brebis destituées de bergers. Un mois avant qu'il partît de La Haye, Roman, cédant à une impulsion pareille, rentra lui aussi dans le royaume. H n'était demeuré que trois semaines à Genève.
H regagna les Gévennes, traversant encore le Vivarais, où il donna la Gène. Bi'ousson, nous l'avons dit, y retrouva sa trace. «. Aux foins » (juillet), Le Marchandou était revenu dans les Hautes-Gévennes, il prêchait à la Fau des Armes (au sommet de la Lozère), au-dessus de Belle-Goste. « A la dernière coupe des foins » (août), il tenait une assemblée dans un bois, sur le Bougés*. A la Saint-Michel (29 septembre), il était au pied de l'Aigoual. Ce jour-là, on constata l'absence, à la foire de Meyrueis, de tous les habitants de Gampis. Geux-ci s'étaient ménagés, afin de se transporter ensemble le soir au hameau du Grouzet, dans la maison de Cabanel l'aîné. Devant deux cents personnes, Reynet (Rey) fit une prière, et Roman prêcha. Sept ou huit hommes restèrent devant la porte, le fusil à la main, et refusèrent de laisser entrer deux jeunes filles de Pourcarès, sous prétexte qu'elles dénonceraient les assistants à Poujol".
Le 28 octobre, le traître, qui déjà, l'année précédente, avait fourni à Daudé les détails que nous connaissons, sur les relations de Bertrand de Gampis avec Roman, complétait ses informations, et donnait avis au subdélégué du Vigan, de la dernière assemblée. Bertrand cette fois prit la fuite. Roman avait déjà quitté Meyrueis. « Aux châtaignes » (octobre), « dans un bois à quatre lieues du Pont de M ouvert » ^ il donne la Gène avec un autre prédicant « plus vieux que lui » (?).
Le retour de Roman n'avait pas surpris ses amis, car il leur avait promis qu'il reviendrait. Lors de sou départ des Gévennes, il avait recommandé ses brebis dispersées à plusieurs « fidèles et charitables anciens », qu'il avait établis, à l'exemple de Brousson, dans quelques paroisses '*. Il trouva que ceux-ci, pendant