Publiées Bull. XL
venols. Le Projet était pour eux une dernière menace suspendue sur la tête du roi obstiné.
Le début seul en trace le caractère * .
Vu les pertes déplorables que la Réformation a faites dans le siècle qui va finir, Vu la désolation de tous les peuples protestants qui ont le malheur d'être sous la domination des Prétendus Catholiques, Vu le peu d'égards qu'on a eu pour les intercessions des protestants en faveur des réformés de France qui, pendant la présente négociation de paix générale, et même depuis le Mémoire de paix présenté aux ambassadeurs de Sa Majesté Très Chrétienne, semblent [exposés à] un redoublement de persécutions, Vu enfin les maux que les Etats réformés doivent attendre de ces elï'ets de persécution que la Cour de Rome ne se lasse point d'inspirer aux chrétiens pour en faire les ministres de son ambition et de son avarice, contre ceux qui s'opposent à sa prétendue puissance spirituelle.
Les ambassadeurs et plénipotentiaires des Rois, Princes et Républiques protestantes, déclarent par ces présentes, [que] quoiqu'ils soient bien éloignés de tout sentiment de persécution, ils savent pourtant, que Dieu les ayant faits les dépositaires de la vérité évangélique que nos Réformateurs ont purgée de§ abus et des superstitions romaines, il est de leur devoir de la défendre contre toutes sortes d'attaques, pratiques, violences, surprises et ruses, dont sous quel prétexte que ce soit on pourrait user pour la détruire, dans les pays de leur domination.
Pour cet elTet, les ambassadeurs conviennent d'une proposition qui tient en trois clauses. La troisième, l'essentielle, concerne l'établissement d'une alliance défensive entre toutes les Puissances intéressées, tendant à « maintenir la liberté spirituelle dans les Etats luthériens ou réformés », et à « soulager les pays qui sont encoi'e sous les puissances catholiques, selon l'exigence de leur conservation et intérêt réciproque ». Le Projet prévoit la nécessité d'établir un Chef de Direction, « qui présentement ne saurait être que le roi d'Angleterre ».
Des documents de ce genre, recopiés et lus avec avidité, corroboraient les informations optimistes des réfugiés. Bâville eut beau démentir violemment des bruits mensongers : les colères du persécuteur ne prévalaient pas contre le prestige encore
1. La pièce est conservée dans le dossier Brousson C. 19i. Elle a été cotée 44 par l'intendant Pinon, qui a inventorié les papiers du pasteur. L'orthographe est si rudimenlaire, que nous avons dû quelquefois restituer par pure conjecture des mots illisibles. Voir nos P. J.