‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 3)Chapitre 133 sur 346 · Opusc, 322. C'est nous qui soulignons · texte numérisé non relu

Opusc, 322. C'est nous qui soulignons

2. La mention d'Orang:e, à cette date, a fait croire, à tort, à A. Court, à L. Ncg:re et à Douen, que le pasteur }• était entré une seconde l'ois, au cours de son voyage dans le Languedoc. Les correspondants de Brousson étant divers, le pasteur se croyait naturellement obligé de répéter d'un billet à l'autre les mêmes faits. Il voulait absolument que les réfugiés en fussent instruits.

Hollande par la route de Béziers [à Paris]. Il est probable que le porteur avait mission également d'annoncer vers Millau la prochaine arrivée du pasteur, qui pensait à quitter le Languedoc. Quelques jours plus tard, Brousson reçut enfin des Provinces Unies, de sa femme et d'un ami, des nouvelles depuis longtemps attendues. Comme elles ne Taisaient aucune allusion à ses correspondances antéineures, la lettre qu'il adressa le 11 mai à son ami exposait pour la sixième fois (à notre connaissance) la situation des protestants du Languedoc*.

Votre lettre du 7 mars m'a été rendue depuis quelques jours. Il ne m'est pas facile de recevoir vos lettres et moins encore d'écrire. La colombe est encore contrainte de chercher des asiles dans les fentes des rochers et dans les cachettes des montagnes. . . Le clergé est dans la fureur, voyant que son entreprise n'a pas tout le succès qu'il en attendait, et que dans le même temps nous mettons la vérité dans l'évidence. [Les logements continuent,] Ces jours passées j'ai vu que dans un quartier, où le peuple a beaucoup de zèle, cinq soldats, dans une maison, après avoir bien soupe, burent encore vingtdeux pots de vin, et pillèrent ce qu'ils purent. Il semble qu'on affecte de redoubler la persécution, depuis qu'on parle pour nous.

Brousson juge que son voyage n'a pas été inutile, et il songe surtout à l'efTet de ses Requêtes, qu'il veut voir bientôt imprimées. Les saintes assemblées, qui n'auraient jamais été «si fréquentes ni si nombreuses, sans la surveillance incessante des milices 3), sont rendues à peu près impossibles dans les Ce venues, par ces troupes spéciales, « qui sont animées par le clergé, et qui cependant reçoivent aussi leurs ordres de M. l'Intendant ». Peut-être d'autres régions du royaume offriront-elles à cet égard un terrain plus favorable. <s. Je suis contraint de quitter ces quartiers, le Seigneur m'ouvrant ailleurs une porte qui apparemment sera d'efficace. Mais il n'est pas à propos qu'on s'informe du pays où je suis, ni où je vas. Il faut seulement qu'on prie sans cesse pour l'Eglise désolée, et pour ceux en particulier qui travaillent à sa consolation. La moisson est fort grande, mais il y a bien peu d'ouvriers ». Le 16 mai, il était encore dans les Cévennes, d'où il écrivait un billet à sa femme, en réponse à sa lettre ' .

J'ai souffert beaucoup de fatigues, mais je me porte fort bien, grâce à Dieu. J'ai fait une visite qui était bien nécessaire ; maintenant il

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