Bull. XV, 133. (Pap. Coquerel
et la seconde d'être exilés [relégués]. Pour cela, on commit [à Alais sans doute] deux prêtres, qui avaient un catalogue, où chacun des protestants marquait son nom, avec un cordon de soie qui y était attaché (?)» ^ Gaubert, plus tard Camisard. avait vu la même chose aux environs du Vigan : « On les appelait par leur nom, en comptant à la porte comme des brebis, et celui qui manquait était châtié » '. En juin, la ville de Nîmes était divisée en quatre quartiers, et les anciens protestants tenus d'aller entendre la messe dans leurs quartiers respectifs ^
Que les prêtres se soient chargés eux-mêmes, et directement, de réquisitionner les soldats de milice contre les indociles, le fait est indiscutable. La gageure est trop difficile à tenir, de prétendre avec l'abbé Rouquette que le clergé des Cévennes, le bas clergé en particulier, « fit tout ce qu'il put pour sauver les N. G. des châtiments qu'ils pouvaient avoir mérités en enfreignant les ordres de Louis XIV » *. Lorsque Bàville eut à se plaindre des prêtres, il leur reprocha non point de s'interposer entre ses administrés et lui pour les soustraire à ses rigueurs, mais au contraire d'aller trop loin dans l'exécution de ses ordres.
L'intendant n'était point doux ; tout notre récit le prouve assez ; mais il avait le souci d'une certaine légalité. En 1687, sans doute, il a scandaleusement manqué de parole aux 200 Gévenols qui pensaient sortir de France avec Vivent et Bringuier, mais à son sens, évidemment, il n'y avait là qu'une ruse de guerre permise à l'égard de misérables qui s'étaient mis eux-mêmes hors la loi. Il a entretenu des espions ; mais ses fonctions d'administrateur l'obligeaient à recourir à une police secrète. Il a considéré toujours les prédicants comme des perturbateurs du repos public, et souvent comme des séditieux ; mais (sans vouloir revenir sur les relations que ceux-ci entretenaient avec les réfugiés et avec les puissances étrangères) il faut bien convenir que leur ministère était en opposition formelle avec les déclarations du roi. Ce que nous avons justement le plus de peine à pardonner à Bàville — quand nous essayons de le com-