Ce sont les paroles de D. Bas, dans son Mémoire
4. Nouvelle de Lyon, communiquée à la Gazette de Harlem, 18 décembre 1699. Bull. XLI, 499.
5. Douen, II, 209. Voir Depping. Corr. Adm.. IV, 4j5, une lettre analogue de Pont- Charlrain à l'inlendaut d'Ableiges (en Poitou).
s'autorisait, pour la réclamer, des ordres qu'il avait transmis à Chaillon ; le juge revendiquait le bénéfice d'avoir fait subir le premier un interrogatoire au prisonnier'.
Les cahiers où Brousson avait relaté son voyage dans le Yivarais et dans le Dauphiné furent soigneusement examinés. Jacques Mazel, de Mournans, fut enfermé, avec plusieurs membres de sa famille, à la Tour de Crest, pour avoir ouvert sa maison au ministre. Dans le Vivarais, avant môme la prise du pasteur, quelques ari'estations avaient eu lieu. Suzanne de Lespinasse, soupçonnée de l'avoir reçu, fut immédiatement reléguée à Carcassonne. Une assemblée, tenue en août ou septembre, donna lieu à des pendaisons et à des condamnations aux galères, et par conséquent aussi à des informations utiles '. Pierre Tromparent, de Charmes, et Matthieu Duny, furent saisis'. Leurs dépositions permirent d'identifier certains des prophètes mentionnés par Brousson, ou certains de ses hôtes. Un Extrait des Mémoires de Brousson fut dressé par un agent de l'intendant, après confrontation des relations manuscrites avec l'interrogatoire des deux hommes. En marge de l'Extrait sont notées une quinzaine d'arrestations à opérer dans le Vivarais, et deux maisons à démolir. Tromparent et Duny allèrent aux galères. On savait à Lyon, à la fin de décembre, que seize maisons avaient été rasées aux environs de Vernoux et de Lamastre, et que les enquêtes se poursuivaient. Dans le Dauphiné, Jacques Martel, et dans le Vivarais Frère Ebruy, échappèrent aux poursuites*. Deux ans plus tard, un abbé recherchait encore à Lyon
1. Lettre de Pinon à Bàville du 20 déc. 1691. C. 191. Pinon fit pendre Bedoras, et condamna par contumace le S"^ d"Espalung:uc aux galères. La femme de Bedoras fut rasée, et mise au couvent. Leur maison fut démolie (Bull. XXXII, 562 [Lire Pau au lieu de Paris], et XL, 325). Badel, de Pau, fut condamné aux galères par contumace. En 1700 il vivait dans le Béarn, converti. (Pap. Soulice, Bibl. du Prot.).