Ibid., p
2. /6i(?.,p.331.Il est dillîcilo de Cournir le chiffre exact des X. C. du Bas-Languedoc et des Cévennes, en 1098. En additionnant les chiffres officiels dune liste de cette époque (Bull. LI, -205) pour les diocèses de Lodèvc, Béziers, Agde, Montpellier, Nimes et Alais, et en remplat;ant le chiffre erroné de la liste qui concerne celui de Mendc, par un autre, qui provient de 16'.)7 [Issarte, I>cs causes delà révolte des Camisards, p. 61J, on arrive à un total de 141,000, soit -20,000 déplus qu'en 1665 (voir plus haut, I, p. 6). Il y a erreur, évidemment, soit pour 1665, soit pour 1698, étant donnée l'émigration protestante qui sest produite de 1685 à 1698.
Les Nouveaux Convertis, au dire même de l'intendant, constituaient donc, en 1698, un bloc à peine entamé. Bâville ne pouvait consentir à déclarer irréalisable l'œuvre que poursuivait le roi, et les évéques du Languedoc moins encore que lui. Le roi n'avait pas acquiescé à la méthode qu'ils préconisaient de concert, « de soumettre à la même foi ceux qui n'avaient qu'un même maître, et de leur faire perdre une mauvaise religion par la pratique de la bonne ». Ils s'inclinèrent. L'assistance à la messe ne fut plus imposée ni par les milices, ni par les dragons. Mais Bàville résolut de tirer de la déclaration récente tout ce qu'elle lui permettait de rigueurs.
Il s'enquit auprès de ses évêques, des «médecins, chirurgiens, apothicaires, sages-femmes, notaires, procureurs et autres officiers », qui ne vivaient pas en bons catholiques, des N. G. qui « possédant des biens de fugitifs, ne remplissaient par leurs devoirs de religion )),des parents qui refusaient de faire instruire leurs enfants aux églises, le tout conformément à la déclaration. Il fit dresser la liste des exilés. Il organisa auprès des prélats, et par eux, auprès des curés, un service d'information, qui devait lui notifier « les chefs de cabale qui détournaient les N. G. de leur devoir», et les Réunis qui négligeaient la doctrine ou la messe. Geci était en dehors de la lettre de la déclaration, mais Bàville n'en avait cure. Fléchier avouait à la Gour, sans le moindre scrupule non plus, qu'il n'y avait pas, pour réduire les récalcitrants, ic de moyeu plus utile, que de mettre des jeunes filles dans des couvents pendant plusieurs mois, en faisant payer la pension par les parents » *.
Une autre circulaire rappela aux évêques que le roi avait décidé formellement que le procès serait fait à la mémoire des N. G. morts sans sacrements, et qu'en conséquence (à l'exception de la clause de la claie), les anciennes déclarations sej'aient exécutées. Bâville engageait les prélats à renouveler à leurs curés les ordres nécessaires, « pour ne négliger rien dans une aflaire importante » '.
Bien que ces mesures eussent été appliquées sans ménagement, le rapport que Fléchier adressait à la Gour, le 4 juin 1699, était
1. Fléchier, Le«res choisies, p. 154 (fi iiov. 1700). Voir i5u/i. XLVIII, COG, des états, concernant dos fugitifs, des biens de fugitifs, ou des iilles à mettre au couvent, le tout dressé par des membres du clergé en 1698.
2. Quelques exemplaires (quelques-uns avec la signature de lintendant), de ces deux circulaires manuscrites aux évêques, se retrouA-cnt C. 181.