‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 3)Chapitre 175 sur 346 · A. Courl raconte qu'on l'j' voyait encore en · texte numérisé non relu

A. Courl raconte qu'on l'j' voyait encore en

•2. Vn « baile », dans un mas, est une manière de gérant-métayer.

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fixèrent « à leur chapeau », c'est-à-dire, sans doute, a sous leur chapeau y), pour se masquer le visage '. On attendait a beaucoup de monde qui devait venir de Monoblet, de Durfort et dailleurs ». Mais il était déjà plus de minuit ; on partit, laissant sur le chemin, comme avertisseur, le S"" Dumas de Ners.

A l'entrée de Boucoiran, la troupe tient conseil sous un sycomore. Fera-t-elle le tour du bourg, pour s'avancer par le côté de Nîmes ? Périer, qui a vérifié les lieux, conseille de traverser hardiment le village. Les «ol liommcs, se mettent par six », et s'avancent en bon ordre. Ils ont en tout 21 fusils ou pistolets, et quelques vieilles cpées. En tête, quatre des plus résolus portent des haches. Les quatre derniers « ont ordre de faire marcher ». Tous arrivent sans bruit devant le logis, posent des sentinelles aux issues, et aussitôt sans sommation, les quatre premiers se mettent en devoir d'abattre la porte. Les habitants des maisons voisines s'éveillent au bruit. Une volée de coups de pierre les retient chez eux.

Mais les archers allaient se défendre.

Sagnier, écrit Roman, dont j'ai dit ci-devant qu'il ne voulait pas exposer sa vie pour la religion, ouvrit une fenêtre, et tira un coup de pistolet sur les assiégeants-. Comme il se préparait à tirer un second coup, on lui tira un coup de mousqueton, qui lui cassa la tète et le renversa mort sur la place : la cervelle tomba aux pieds de ses camarades, ce qui les mit dans la dernière consternation, et particulièrement Dumas, levir lieutenant, qui leur dit qu'il me fallait tuer, et se sauver par les fenêtres de derrière. Il alla les ouvrir et voir si cela était possible, mais il les trouva aussi bien gardées que celles de devant.

Les assaillants, pour aller plus vite en besogne, se saisissent d'une longue poutre. Au second coup de ce bélier improvisé, la porte de la rue cède. Ils se heurtent à la seconde, celle de la chambre, qu'ils attaquent avec fureur, criant qu'il n'y aura aucun quartier, si le prisonnier soutire le moindre mal. Dumas, malgré la menace, se disposait à casser la tête au prédicant, lorsque celui-ci joignit ses efforts à ceux de ses amis :

Je lui dis : « Ah ! Monsieur, que voulez-vous faire ! Si vous me faites la moindre violence, ces gens-là vous passeront au fil de l'épée !

1. Cabanis dit que Roman fut enlevé par des hommes masqués. ■2. Il blessa à la cuisse Rouvière, le chef de la troupe.

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