LES PARENTS N. G. CATKCIIISTES DE LEURS ENFANTS
dans la repeiilance et la méditation. Elle se concentra au foyer domestique.
Des circonstances particulières, d'ailleurs, imposaient la propagande familiale. Les enfants étaient maintenant obligés de fréquenter les écoles catlioliiiues. Ils étaient nés depuis la révocation de ledit de Nantes, et n'avaient pas suivi les prêches du désert'. Pour n'être point livrés sans défense à l'Eglise abhorl'ée, il était urgent qu'ils fussent, à la maison, prémunis contre les instructions du maître ou du curé. Si l'on y réfléchit, même, les écoliers n'étaient pas les seuls qu'il fallût maintenir dans la foi réformée, en leur rappelant un état de choses qu'ils n'avaient pas connu. Les pasteurs étaient bannis, et les teuiples démolis, depuis quinze ans. C'est dire que tous les Nouveaux Convertis au-dessous de vingt-cinq ou trente ans, ne pouvaient savoir de la vérité évangélique que ce qu'ils en avaient recueilli dans la demeure paternelle, ou ce que les prédicants leur en avaient enseigné dans les cultes publics. Les prédicants, en 1700, ne parcouraient plus le Languedoc. La suppression des assemblées réduisait par conséquent les aînés à tirer de leur propre fonds, les connaissances nécessaires à l'éducation religieuse des derniers venus. Ils approfondirent et éclaircirent leurs souvenirs.
Le 19 août 1700, l'ancien secrétaire du Consistoire de Saint-Hippolyte, Pierre Lézan, rouvre son livre de raison, clos depuis 1G8P'. Il s'accuse devant Dieu des démarches qu'il a faites, en 1G71, au nom de la comumnauté, contre les deux pasteurs de la ville, pour réduire leurs gages, et il s'humilie, voyant les maux qui depuis lors sont arrivés à son Eglise, et à toutes les autres du royaume : « Et comme nous fûmes les premiers à offenser Dieu, dit-il, nous fûmes les premiers châtiés». «Nos péchés» répcte-t-il quelques ligues plus bas, quand il rappelle la condamnation retentissante du temple de Saint-Hippolyte, « ont été la cause de tous nos maux, et Dieu nous ajustement châtiés». Puis, en terminant un « abrégé de sa vie et du sort de ses enfants et de tout ce qui leur est arrivé y>, «je crois, écrit-il, que je dois finir, en faisant à Dieu, cette prière jijour eux » :
Mon Dieu, qui m'a gardé jusqu'à cette hure [heure] et qui m'a fait la grâce de voir ces six enfants tous dans un Age avancé et eu ayant
1. Nous n'avons pas une seule fois trouvé la mention d"enl'ants conduits aux assemblées défendues.