LES DERNIERS PRÉDIGANTS ET LES RÉFUGIÉS
Il nous reste à jeter encore un regard vers les pays du refuge, pour y suivre la destinée des derniers prédicants.
Le roi jugea avec raison que le découragement desN. G., après la paix de Ryswyk, les pousserait sur les terres étrangères, où tant de leurs frères les avaient déjà précédés. En 1699, quatre déclarations renouvelèrent des dispositions édictées en 1686, et interdirent la frontière aux protestants, sous peine des galères ou de la prison perpétuelle '. L'émigration n'en continua pas moins. Dans le Languedoc, les guides attitrés reparurent ^ La Suisse reçut un autre contingent d'exilés.
Dans les colonies de réfugiés, la paix de Rysw^yk et la déclaration de 1698 produisirent au contraire un mouvement inverse. A la fin de décembre 1697, en Hollande, ((beaucoup» de Français repai'taient pour les régions qu'ils avaient quittées, préférant encore l'abjuration à un exil trop douloureux, dont le terme était toujours reculé. D'autres préparaient leur retour pour le printemps. L'ambassadeur de France à La Haye, Bonrepaux, négociait avec les découragés, leur fournissait des passeports, et payait une partie de leur voyage. Il renvoya ainsi 67 personnes en France pendant les dix premiers mois de 1698 ^ A Zurich (comme cela avait été fait à Amsterdam), le Conseil