‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 3)Chapitre 189 sur 346 · février, 5 mai, 13 septembre et 5 décembre · texte numérisé non relu

février, 5 mai, 13 septembre et 5 décembre

2. Voir C. 177, quelques dossiers relatifs à des fug^itifs du Lang^ucdoc, des années 1698 et 1699. L'un concerne des fugitifs de Revel et Gastelnaudary qui en passant à Chanac, près de Mcnde, ont abattu une croix.

3. Dossier N. VVeiss relatif au ministre Quesnot. La liste de Bonrepaux porte les noms de Suzanne Sarrize [? Garrigues ?] de Dalles en Languedoc [d'Alais] ; Jacques Tuesch de Nîmes [Puech, sans doute]: Pierre Montagne, du Vigan, et aussi celui du S"^ Quesnot, ministre N. C. auquel il a été alloué 125 livres. On trouve dans lcsDclib.de la C"dc Valleraugue la mention d'Etienne Moutet, d'Ardaillers, revenu vers le 10 mars 1698, qu'on se préoccupe de faire immédiatement abjurer.

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de la ville prévint officiellement le Consistoire français que le roi ne laissait revenir que ceux de ses sujets disposés à se faire catholiques. Là encore, un nombre assez considérable de défections se produisirent. Mais le chiffre des exilés repentants ne monta pas si haut que Bàville l'avait affirmé. Ils furent si abondamment remplacés par des réfugiés nouveaux, que les Etats protestants de la frontière se virent acculés à de douloureuses démarches. La Suisse hospitalisait, en plus des émigrés du royaume, 3,000 réfugiés français, que le duc de Savoie, conformément au traité de 16Î)G, avait chassés de ses vallées. Il fallut conduire ces bandes en des terres plus reculées. Le marquis de Rochegude partit (sept. 1G98) pour la Hollande et l'Allemagne, afin de négocier des établissements pour ses malheureux coreligionnaires. En mars 1G99, le canton de Berne prescrivait aux autorités locales de dresser l'état des réfugiés, en distinguant entre ceux que l'on pouvait garder, et la foule des misérables qui devaient être expédiés en d'autres contrées. La Hollande eu vint aux mêmes expédients. Les Etats Généraux (1G98) supplièrent le roi de Suède, Charles XII, de distribuer aux derniers arrivants, des terres dans ses provinces allemandes,

La dragonnade en Languedoc, la déclaration de 1G98 pour le reste du royaume, la misère, et un exil plus lointain, dans les pays du refuge, c'était donc là qu'aboutissaient toutes les menées des Comités de Hollande, tous les efforts des pasteurs diplomates de Londres ou de Berlin, toutes les espérances belliqueuses conçues à Berne ou dans les Vallées Vaudoises, et en France les travaux, les souffrances, et la mort de tant de prédicants héroïques ? Que restait-il à dire ou à faire aux artisans de cette entreprise manquée, qui pût, en consolant du passé, réserver quelque joie pour l'avenir ?

Jurieu et ses amis avaient préféré d'abord se taire, de peur d'aggraver encore la situation. On s'étonna de leur trop long silence. Le pasteur de Rotterdam reconnut alors qu'il était juste qu'ils rendissent compte de leurs infructueux efforts. Il publia une Relation de tout ce qui s est fait dans les affaires de la Religion Réformée et pour ses intérêts, depuis le commencement des négociations de la paix de Reswik\ dans laquelle il résumait toutes les démarches qui, de 1G94 à 1G98, avaient été poursuivies auprès du roi d'Angleterre d'abord, des plénipoten-

1, A RoUcrdam, 1G98. Pas de nom d'auteur, in-4'' de 75 pages. Analysé par Cli. Rcad. DaU. XL, 384. (Bibl. du Prol.).

tiaires protestants ensuite. Jurieu laissait dans l'ombre, prudemment, celles qu'il eût été dangereux de porter à la connaissance du roi de France, ou même simplement des amis et des pai'tisans de Bayle. Il voulait avant tout justifier ce que ses auxiliaires et lui « avaient fait et avaient voulu faire ». Il ne se plaignait pas du peu de zèle que les puissances évangéliques, et Guillaume III lui-même, avaient montré à Rysvï^yk, et rejetait toute la responsabilité de l'échec, sur le mauvais vouloir des persécuteurs. Les hommes auxquels étaient dues ces tentatives inutiles, exprimaient par sa bouche « la douleur la plus amère qu'ils eussent sentie de leur vie, en voyant le monde faire sa paix, sans que l'Eglise y ait eu la moindre part ». Le mal était sans remède, parce que l'ennemi était implacable. Il fallait savoir en pi'endre son parti, et chercher ce que l'on avait à tenter désormais.

La situation des pasteurs du refuge, comme celle des Nouveaux Convertis du royaume, se retrouvait donc, en 1698 et 1091), pareille à celle de 1680.

Ils pensaient toujours que l'avenir leur ménagerait un retour paisible et libre auprès de leurs anciens troupeaux. Quelquesuns d'entre eux considéraient avec douleur les vides que la mort ou les départs faisaient dans leurs rangs. Un mémoire du o décembre 1097, attira l'attention des Etats de Hollande sur une diminution dont les conséquences pourraient être fatales, et proposa un remède \

On a supprimé toutes les pensions des ministres qui demeurent vacantes ou par mort ou autrement. Si cette résolution ne change, il arrivera un malheur qui ne peut s'exagérer, c'est que le nomjjre des pasteurs capables de relever l'Eglise de France s'éteindra absolument, et dans peu d'années. Quand la mort du persécuteur arrivera, il y aura toute apparence que les affaires changeront de face, et que l'intervention des Puissances sera plus elïicace alors qu'elle n'a été dans la négociation de la paix. Mais les pasteurs français étant tous morts, il n'y aura personne pour aller relever l'Eglise abattue... 11 serait bon de conserver ou rétablir les pensions en faveur de plusieurs gens de la langue française, qu'on élèverait dans des Académies, et particulièrement en faveur des jeunes ministres reçus actuellement dans les Synodes Wallons, qui, sans subsistance et sans Eglise, quittent les études.

Nous sommes transportés, en lisant ces lignes, à près de douze ans en arrière, aux temps où Jurieu et Benoît admiraient les

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