Ane. ministre de Guilleslre et Vars, en Uauphiné
parmi une nation que la haine, la médisence, lanvie, la malisse et lipocrisie reigne au plus haut degré. De plus qu'il ni a aucune justice. Ils se déchirent par injures et se tuent leurs bestiaux les uns aux autres i. Ils partagent des terres qui ne leur sont point été assignées. Je ne puis soulMr des choses samblables, et ma conscience moblige en donner avis à votre Excellence. Et on ne verra jamais à Valdenberg un peuple obéissant aux lois divines et humaines, si votre justice politique et votre Consistoire ecclésiastique ne domine sur eux. C'est une confusion que leur justice. Tout veut être maitre, et par consequand c'est un monstre à deux taites. S'il est de vôtre bon plaisir, Monseigneur, que les Rebelles aux lois divines comparoissent devant vôtre Consistoire, et ceux qui seront Rebelles aux lois politiques devant vôtre justice, se sera le moyen de les tenir en crainte. Quand a moy je souhette cesser de prêcher de peur de ne jetter les perles et les choses saintes 2. D'ailleurs que les pasteurs Vaudois font tout leur possible pour me subsplanter, et je ne sais sil viendront a leur desain. Sependant je ne cesseray que par le commandement de vôtre Excellence et de celui de L.L. II. H. P.P. ^ qui m'ont établi et votre Excellence a eu la charité de me gaiger [gager?]. Sependant de quel cotté qu'il soit, sil est du bon plaisir de vôtre Excellence m'accorder une place pour bâtir et des preries pour entretenir des bestiaux, soit vaches ou brebis, je randrey a votre Excellence le tribut, Ihoncur et la fidélité, et tout le cervise dont je puis être cappal)le, faisant tous les jours de ma vie des veux très ardans pour la santé et propérité de votre personne, et pour son Excellence Madame votre Epouse et pour vostre illustre famille et pour votre étal, comme étant inviolablement de votre Excellence
le très humble très fidelle très obéissant serviteur
Jean Roman.
Ci les Vaudois savoit que je vous donnât avis de ces choses, je ne serois pas bon à brûler.
Roman reçut d'un fonctionnaire du Comte l'assurance qu'il aurait sa part des terres qui restaient à distribuer à Waldensberg. Il lut engagé également à se rendre au Synode Vaudois
i. M. le pasteur lleilmaim, qui nous a communiqué cette lettre, nous apprend que « ces bestiaux » étaient quelques poules, du meurtre desquelles un certain Pierre Vaudrey était accusé.