LA COLOMBE ET LE LION
leurs hommes, les tigres, sont cependant restés des héros, aux yeux des Cévenols et le protestantisme aurait tort, en eflet, d'oublier ce que lui ont acquis leurs colères. Les souvenirs terrifiants de la guerre des Gévennes eurent une part considérable dans l'adoucissement relatif de la politique catholique qui la suivit. Les « chasseurs » avaient traqué sans miséricorde les premiers prédicants, et poussé à bout leurs auditeurs. Quand ils rabattirent de leur rage, en l'ace des ministres pacifiques établis et guidés par Corteiz et Court, ce n'est pas qu'ils fussent devenus plus humains, mais ils savaient le danger d'une poursuite trop acharnée. La peur salutaire que le protestantisme avait inspirée, lui permit de restaurer ses ruines avec moins de larmes, au cours du xviii^ siècle. Les fils des persécutés ont le droit de préférer Brousson à Vivent. La reconnaissance leur interdit de les séparer l'un de l'autre.