‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 3)Chapitre 213 sur 346 · BiiU. X, 274, dans la Rclalion Av la mort de Papus · texte numérisé non relu

BiiU. X, 274, dans la Rclalion Av la mort de Papus

332 LES rRÉDICANTS PROTESTANTS

Les Eglises du Bas-Languedoc n'étaient point soumises à une Discipline aussi régulière qu'il paraît dans la Lettre, et à cet égard l'impression de surprise ressentie par F. Berbinau se justifie. Néanmoins, et si quelques aflirmations du document sont sujettes à caution, si d'autres doivent être ramenées à des proportions plus menues, nous pouvons affirmer que la Lettre, après tout, dit vrai. Des coutumes régulières ont effectivement régi les ministres du désert, leurs troupeaux et leurs assemblées, et ont constitué, par conséquent, conmie une Discipline particulière, qu'il était réservé à Brousson de codifier enfin, vers 1697.

La Discipline Ecclésiastique des Eglises Réformées de France, qui était la réalisation pratique de le Confession de foi, débutait par le chapitre Des Ministres. C'est par les prédicants qu'avait commencé au Languedoc l'histoire de l'Eglise du Désert. En d'autres régions de la France le protestantisme ne se maintint que par le culte individuel ou la prière familiale. Des Cévennes à la mer, le fait caractéristique de la résistance fut l'apparition des prédicateurs itinérants.

La Confession de foi déclarait, nous l'avons dit déjà', que dans les temps où l'état de l'Eglise était interrompu. Dieu avait suscité des gens d'une façon extraordinaire, pour la dresser de nouveau. Une vocation spéciale pouvait donc dispenser le chrétien de recourir aux formes ordonnées par l'Eglise, quand celleci gisait en pièces. Elle permettait au fidèle zélé de s'« ingérer» dans le ministère, sans attendre l'intervention d'un pasteur régulier. Les premiers prédicants s'emparèrent de cette affirmation évangélique, avec toute l'ardeur de leur foi. Qu'elle leur ait été rappelée par des pasteurs au moment où ceux-ci partaient pour l'exil, qu'ils l'aient retrouvée eux-mêmes dans la Confession de foi qu'ils lisaient, imprimée, à la fin de tous leurs Psautiers, ou qu'elle se soit imposée à eux par une sorte d'instinct, et comme une conséquence naturelle de leurs principes protestants, il n'importe. Il faut seulement constater que, dès le début, ils ne surent pas toujours rendre théologiquement raison de leurs actes. Bonfils, interrogé par Bàville sur le Catéchisme, perdit pied, et argua de son ignorance. Fulci-an Rey, proposant, se borna à dire qu'il avait prêché pour faire son devoir, et parce

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