G. 191. Intcrr. du 11 nov. IG'Jl
RKUNIONS DES l'RKDICANTS 367
assemblés au nombre de 15 à 20, dit la Lettre de lG9o, ils se nomment tous frères, et l'amour qu'ils ont les uns pour les autres les unit plus que des frères germains «'. Tous, en efl'et, travaillaient en vertu de la même vocation divine, et les lecteurs n'étaient pas moins persuadés de la leur, que les prédicateurs. Pourtal affirmait, en se fondant sur la Confession de foi, que « chacun était propre à l'édification de son prochain, suivant les lumières que Dieu lui avait dépai'lies », et il disait à son juge : « Ma conduite ne doit point vous étonner, vous la verrez encore dans les suites, Dieu avant dit dans son Evanuile que si les ministres de sa Parole manquaient, il susciterait des personnes faibles aux yeux de la chair, pour prêcher la vérité, et dire les choses magnifuiues de Dieu »'. Confondus |)ar Bàville, et par le clergé catholique sous le nom de « prédicants », qui datait du xvi* siècle, qui avait gardé son allure méprisante, et qu'ils s'appliquèrent parfois à eux-mêmes, comme les réformés de Hollande avaient consenti à s'appeler les Gueux, ils étaient souvent mis par leurs auditeurs au même rang'. Les dépositions d'Anne Baudoin nomment du même mot de « prédicants » : Vivent, Brousson, Gazan, Colognac, Massai, Grevou, Roman. Lapierre, les trois Plan, Laporte etBousquier. alors que Massai (Labric) sûrement n'avait prononcé que des prières, et que Bousquier n'était qu'un suivant armé de Vivent. Colognac interrogé sur ceux qui prêchent dans le royaume, énumère également, sans nuances : Brousson, Gazan, Papus, Pierre Plan, Lapierre «et plusieurs autres qui exhortent les fidèles».
C'est l'intime cohésion de tous les prédicants qu'il faut avant tout relever. Quand nous aurons dit que d'après les dossiers de l'Intendance du Languedoc, depuis lG8i), ont seuls donné la Gène : Vivent, Mazel, Brousson, Paul Plan, Gazan. Colognac. Lapierre, Laporte et Roman, nous ne prétendrons point avoir