‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 3)Chapitre 235 sur 346 · Bull. L · texte numérisé non relu

Bull. L

2. Nous répondons par là à une objection de F. Berbinau : « La description du culte, donnée par notre document, est incompréhensible, si peu d'années après la ruine des Eglises ». {Bail. XLVII, 611).

LB COSÏU.ME DES PRICDICANTS 381

Nous le suivrons pas à pas, en ajoutant quelques détails à son exposition '.

Les ministres, dit-il, se mettent devant ime table qu'on pose au lieu le plus convenable de la chambre. La « chambre » était le plus souvent une clairière ou un vallon, et la « table », quand elle n'était pas faite, comme au Clauzelet (1G8(J), d'une planche assujettie sur quatre pieux, était remplacée par un bât, comme aux Sognes (IG90), ou par quelque meuble. L'un ou l'autre, d'ailleurs, était recouvert d'une serviette ou d'une nappe.

Le prédicateur, continue la Lettre, paraît avec ses habits ordinaires. Les pasteurs du Désert, en eflet, ne s'embarrassaient pas de la robe pastorale. D'abord vêtus comme le leur permettait leur dénuement, quelquefois sans chapeau ni perruque, ou la tête couverte d'un mouchoir noué aux quatre bouts, ils peuvent, dès 1G91, grâce à la pension régulière qui parvient tous les deux mois à Vivent, garder une tenue décente et honorable. <(. Les prédicants, dit Anne Baudoin (novembre 1091), se sont présentement tous habillés de drap gris de fer, les boutons de la môme étofl'e, Brousson et Yivens ayant faitdes vestes [gilets] du même drap, et portent perruque. La Jeunesse [Gazan] a une veste de peau, avec un petit galon d'argent, et les autres n'ont point de veste ». Peut-être faut-il penser ici à la préoccupation de nous ne savons quel uniforme, et se rappeler « les hommes en habits gris» en qui se reconnaissaient, en 1G73. les ministres?-. Le Synode de JG94 arrêta que les pasteurs ne devraient point paraître devant le peuple pour des exercices de piété, « en habits de couleur, comme rouge ou bleu ». Leur costume devait être « modeste ». Les vêtements « de parade », ne restaient pour eux, occasionnellement, qu'un moyen licite de déguiser leur personnalité à leurs ennemis. Ne soyons point surpris de cette décision. Quelques compagnons, en 1G91, avaient été costumés de couleurs voyantes. Devenus prédicants ou lecteurs, ils souhaitaient sans doute encore conserver leur premier équipement. Deux des suivants de Vivent, en 1G91, étaient habillés a d'un drap fin rouge, le parement d'ausonne ("1 sic), portant des perruques blondes, ils marquaient être de bonne famille ; deux autres habillés de rouge, les parements verts ; deux autres enfin habillés de bleu, parements bleus ». Ils étaient tous bien faits,

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