CES PRÉDICANTS PROTESTANTS
et profanes, Dieu suscita les Apôtres, Apollos, les fidèles dispersés, et plusieurs autres. La plupart des Réformateurs, en France, à Genève, en Suisse et en Hollande, n'avaient aucune vocation ordinaire. Enfin, ces derniers temps..., lorsque la plupart des pasteurs n'ont pas eu assez de zèle pour l'avancement du règne de Dieu, Dieu a extraordinairement suscité un grand nombre de fidèles serviteurs dont plusieurs ont été des personnes viles et méprisables aux yeux de la chair, mais qui ont travaillé avec un grand fruit. Lors donc que Dieu scelle le ministère extraordinaire de ces nou veaux pasteurs par reffîcace qu'il leur donne, lorsque leur ministère est accompagné d'une vie pure et sans reproche, que le peuple en est édifié, qu'il l'approuve, et qiiil consent et souhaite même que ces nouveaux pasteurs lui administrent les sacrements, il n'y a point de doute qu'ils ne puissent le faire. C'est ce qui a toujours été pratiqué dans la partie méridionale de la France depuis la désolation de nos Eglises, ce (pii est un grand sujet de consolation pour tous les fidèles de l'Europe.
Quel caractère essentiel pourrait bien manquer en elTet à la vocation de ces hommes ? C'est Dieu, d'abord, qui les pousse comme des ouvriers dans sa moisson (Luc, X, 7), qui fait crier les pierres lorsque les ministres ordinaires de sa Parole se sont tus (Luc, XIX, 40), qui baille sa vigne à d'autres lorsque les vignerons ne s'acquittent pas de leur devoir (Marc, XIL 9). D'autre part, ils ont été choisis par l' assemblée des fidèles, conformément aux exigences bibliques. Non seulement le livre des Actes (VL 1) mais le livre des Nombres (YIII, 10), et celui d'Ezéchiel (XXXIII, 2) prouvent péremptoirement que c'est la réunion des iidèles qui donne la vocation à ceux qui doivent faire le service divin dans l'Eglise.
Objectera-t-on que les pasteurs ainsi établis n'ont pas reçu l'imposition des mains par le ministère d'autres pasteurs? Mais répond Brousson, confirmant nettement ce que nous avons déjà essayé de deviner de sa pensée, l'imposition des mains n'est qu'une « installation » dans une charge que l'Eglise a déjà conférée. Puis, si elle est un signe visible de la descente du Saint- Esprit sur le pasteur, « la grâce céleste n'y est pas non plus tellement attachée, que Dieu ne puisse la communiquer sans son moyen ». Ni les douze apôtres, ni les soixante et dix disciples envoyés par Jésus, ni Apollos et les fidèles du chapitre VIII des Actes, ni les Prophètes de l'Ancienne Alliance, ni la plupart des Réformateurs, n'ont reçu l'imposition des mains des hommes. « Mais la main du Seigneur était sur eux ; c'est là la bonne imposition des mains >.