‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 3)Chapitre 287 sur 346 · LA CHANSON DE GAVANON · texte numérisé non relu

LA CHANSON DE GAVANON

Un samedi •, après soupe Lui vint au cœur de se sauver De se sauver sans grand bagage Car il fallait prendre la nage.

Il se jeta dans le fossé, Et Dieu le mit en liberté.

Mais comme il était fort lard La guette était sur le rempart.

Lui cria : « Qui va là ? Arrête ! » Comme il était en retraite Son fusil lui lit un faux feu Et Dieu le sortit de ce lieu.

La Vérune a tant marché Dieu l'a conduit en sûreté.

Jusques à joindre La Rouvière, Qu'il (qui) lui dit en cette manière : « Dites-moi un peu la vérité, Comment vous êtes-vous sauvés ? »

« Dites-moi donc la vérité, Comment vous êtes-vous sauvés?

C'est un miracle manifeste Qui vous a bien rendu la tête !

Il a été votre renfort De vous avoir sorti du fort ! »

Dieu n'a pas manqué de moyens Lorsqu'il veut conserver les siens.

Encore avecque nos souffrances, Nous fera voir la délivrance, Et nous chanterons hautement Les louanges du Tout-Puissant.

Qui a fait les vers en chanson ?

La Vérune, jeune garçon.

Il les lit loin de son village Dans le bois, parmi le feuillage.

Fallait bien qu'il les fît aux champs A cause qu'il était errant.

§ 6. — Dossier Papiis'.

Papus (La Rouvière) ne fut point interrogé par le juge Loys sur les vers qui avaient été saisis sur lui. Deux strophes muti-

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