Il a 45 ans en
3. Gay est le jeune homme illettré qui prononça un jour dans une assemblée devant Brousson « une grande et belle prière » et qui s'excusa sur son ignorance quand ce dernier lui proposa « s'il le souhaitait, de faire quelque exhortation au peuple ». Bel. des Merç., p. 43 (Douen, II, 211).
Cour, et ensuite dans l'énergie éloquente de la Requête qui leur servait de préface.
Si Brousson s'y présentait dès le début comme ayant recours encore avec une humilité profonde, tant en son nom qu'au nom de ses frères « à la clémence, à l'équité et à la piété » du roi, s'il disait à Louis XIV que Dieu l'avait couvert de vertus héroïques, et (( élevé à un si haut degré de gloire et de puissance qu'il était devenu l'objet de l'étonnement et de l'admiration de tout le monde », il ne prenait acte de ses sentiments respectueux que pour éclater en justes plaintes.
Dieu veut que vous gouverniez son peuple avec douceur et équité . . . Cependant, Sire, nous avons la douleur de voir que sous le règne de Votre Majesté nous sommes abandonnés à des juges suspects et passionnés et à des troupes violentes et cruelles. . . On nous pille, on nous enlève nos enfants, on nous accable de maux, on nous disperse par toute la terre, et on confisque tous nos biens comme si nous étions chargés de crimes, et lorstpie nous voidons rendre à Dieu les hommages religieux qui lui sont dus, on nous condamne aux galères, on nous fait pendre, on nous massacre inhumainement. Dieu nous ordonne de nous assembler au nom de son Fils Jésus Christ, pour l'atlorer en esprit et en vérité, pour invoquer unanimement son saint nom, pour céU'brer sa gloire par le chant de ses louanges inunortelles, pour méditer sa Parole et pour participer aux sacrements de son alliance. . . ; La Parole de Dieu est expresse sur ce sujet. . . et cependant Votre Majesté nous le défend. Dieu le veut et Votre Majesté ne le veut point. A qui devons-nous obéir? Que Votre Majesté, s'il lui plaît, le juge elle-même.
Brousson ose faire retentir alors les menaces des prophètes :
Ce grand Dieu écoute nos cris et nos gémissements ; notre voix monte jus<pi'à lui, notre sang crie devant son trône comme celui d'Abel, il connaît notre douleur, il voit du palais de sa gloire la dure serviture sous laquelle nous gémissons jour et nuit dans votre royaume; c'est pour cela, Sire, que sa colère est embrasée contre vos Etats, et qu'il consume continuellement votre peuple.
Et le prédieant rappelle, dans un passage que nous avons déjà transcrit, la bataille navale de la Hougue, juste vengeance de Dieu contre un royaume « devenu d'une façon particulière la nouvelle Chaldée ».
Les trois premières sections des Remarques \ avec la Requête, signée « du dernier jour de lan 1692 », furent adres-
l. El non l'ouvrage entier. Voir Bull. LI, 411.